vendredi, août 29, 2008

Animale

À chacune de mes grossesses, une métamorphose animale surgit en moi.

Je ne suis plus toute volonté, toute liberté, tout contrôle de moi, toute câline. Je deviens pulsions. En alternance avec mon moi naturel, parfois.

Je deviens louve, lionne et chatte. Je me retourne, je grogne et je mords. Je me creuse une tanière et m’y terre, aussi.

Au besoin, je chasse. Je chasse de mon territoire ceux dont le discours, les gestes, les agissements ou la tendance à toujours tout savoir mieux que les autres m’énervent.

Il m’arrive de chasser aussi ceux que j’aime. Au début et en fin de grossesse, à chaque fois, comme la veuve noire, je ne supporte plus mon mâle. Je deviens assassine. Je pourrais tout assumer seule la suite sans jamais revenir en arrière (au prix d’une éventuelle grande peine d’amour, contrairement à l’araignée). Et cela n’est surtout pas une question d’amour!

C’est une intolérance à l’Homme. Pas n’importe lequel: celui qui a eu le culot de "m'infliger" ce pénible état. Ce sont des élans d’agressivité, d’indépendance, de douceur, de besoin de cocooner, de m'enfuir et d’être chouchoutée si grands qu’ils sont incompatibles entre eux et me font violence.

Cela est éprouvant. Je ne tolère plus le chaos intérieur et les paradoxes de fins de grossesse.

Après la naissance de mes bébés, animale je demeure. Je les surveille, je les guette, je les bichonne, je leur murmure des mots sucrés, je les respire, je me gave d’eux et ne supporte guère l’éloignement. La symbiose est totale. Comme j’ai souffert, à mon premier bébé, de voir mon beau-père se ruer sur moi pour venir me l’arracher des bras quelques heures après sa naissance! Il venait littéralement de m’arracher le ventre, je me serais effondrée de douleur et de désespoir!

Comme une animale, j'anticipe à la seconde près l'heure de la tétée et je ne tolère pas qu’on laisse des vestiges de son odeur sur mes bébés. Exit les odeurs de parfums prononcés de « matantes », exit les odeurs de cigarette et les gros doigts sales qui font des guilis-guilis sur les joues pures immaculées de mes rejetons!

GrwaRw.

12 commentaires:

La Mère Michèle a dit...

Je te lis et je me dis que ces instincts sont UNIVERSELS...

La Mère Michèle a dit...

En tout cas pareil ici lol

Sassenach a dit...

Grande Dame, je n'ai pas encore le bonheur d'avoir d'enfant mais plusieur personne ont des enfants dans mon entourage et je n'ai jamais pris un enfant d'office. J'attends toujours qu'on m'offre de le prendre.

Je suis encore "traumatisé" de ce qui c'est passé lorsque ma tante à accouché il y a 7 ans. Elle a accouché pendant la nuit et à 5h du matin elle avait déjà de la visite dans sa chambre. Et il y avait toujours plein de monde dans la chambre, au points que ma grand-mère a refusé d'aller à l'hôpital pour permettre à ma tante de se reposer. Une fois ma tante revenue chez elle avec le bébé, le cirque à continuer. Il y avait toujours quelqu'un. Moi j'aurais fini par pogner les nerfs. On aurait dit que ça famille n'avait jamais vu d'enfant.

Isabelle a dit...

Soyez fidèle à vos pulsions.
Avec du recul, j'aurais aimé griffer ma belle-mère qui m'a pris mon nouveau-né pendant DES HEURES le lendemain de mon accouchement. Je souffrais, mais je n'ai rien fait, j'ignore encore pourquoi.

La Souimi a dit...

Je peux comprendre. Tu peux certainement très bien imaginer ma réaction lorsqu'à l'hôpital, en pleine nuit, alors que ma petite n'était pas dans ma chambre puisque j'avais eu une césarienne deux jours avant, une infirmière m'a tendu ma fille dans la noirceur pour que je l'allaite. En prenant le bébé, je l'ai repoussé avec une telle horreur en poussant un tel cri que l'infirmière a sursauté. ELLE S'ÉTAIT TROMPÉE DE BÉBÉ!J'avais dans les mains un être pour lequel j'éprouvais un réel dédain. Ce n'était pas mon enfant!
Oui, nous devenons vraiment instinctive, je crois.

Évangéline a dit...

moi j'ai toujours été avec des gens tres respectueux, que ce soit durant ma grossesse ou apres l'accouchement. Et ma peur comme j'ai du donner des biberons, c'était que tout le monde veuille lui donner. Mais pour chacun de mes 3 enfants, la règle était: si je l'avais allaité, auriez-vous pu le nourrir? Et bien comme le biberon n'est pas un choix, c'est moi qui lui donne. Et tous ont respecté cela.

Je te souhaite une belle fin de grossess...

Eveline a dit...

Mon beau-père est le "king" du parfum qui pue. Je déteste quand il colle mes filles elles empestent son odeur par la suite. Yark!!

Chaque fois qu'elles reviennent de dormir de chez mes beaux-parents, elles sentent la lavande (odeur que je déteste au plus haut point) et je les relave une à une pour les en débarrasser.

Et elles ne sont plus de petits bébés.

Sarajélu a dit...

C'est fou, on doit être toute pareille dans le fond...

Sarajélu a dit...

Ouf je vais aller me coucher je fais beaucoup de fautes...

Pur bonheur a dit...

J'aime bien ton grognement à la fin. On voit que ça vient de ton fond!

La Souimi a dit...

instinctives.

Une femme libre a dit...

C'est un peu frustrant pour l'entourage cet instinct de tigresse de la nouvelle mère. Et pourtant, elle est souvent épuisée et puis on aurait envie d'aider. Je pense qu'il faut aider autrement. Faire de bons plats, du ménage, s'occuper des autres enfants et savoir s'effacer aussi. Lui laisser sa bulle de paix avec ce bébé tout neuf collé à sa peau.