mardi, mai 27, 2008

Comment faire paniquer ses jeunes en six étapes faciles

1. Considérer avec ouverture et clarté d'esprit la série de contrôles que votre jeune vous présente.

2. Féliciter le jeune pour ses bons résultats en mathématiques, français, éducation à la citoyenneté.

3. Laisser votre visage s'assombrir sans pudeur devant les résultats d'anglais.

4. Réitérer à voix haute pour vous-même cette idée du camp d'anglais auquel vous songez depuis qu'un autre de vos jeunes vous a présenté des difficultés similaires.

5. Après signature des contrôles de votre enfant, débuter sur le Net une recherche sur les camps d'anglais disponibles dans la région en lui expliquant qu'une immersion leur serait académiquement bénéfique.

6. (Tenter de) Ne pas tenir compte de la tempête que votre jeune est en train de tenter de soulever en courant alerter son (récalcitrant de) frère que "mauvaise nouvelle, cette fois, je pense que maman est vraiment sérieuse"!

lundi, mai 26, 2008

Il fallait bien que ça finisse par arriver...(édité)*

...Vous savez, ce moment où la présence d'un de nos parents nous gêne au point où l'on voudrait se fondre dans la masse, dans le sol ou dans...un arrêt d'autobus!

Je n'avais pas saisi, ce matin, lorsque Fils Aîné avait refusé que j'aille le chercher à l'école après ses cours, que son prétexte que "l'autobus était plus fiable" ne faisait nullement référence à ma non-ponctualité.

Après être allée conduire Grand-Homme à l'école où il enseigne après notre dîner, j'aperçus mon aîné à l'arrêt d'autobus discuter avec son ami. Je m'approchai dudit arrêt, pensant que le premier fils que j'ai engendré serait heureux du lift fiable qui s'offrait à lui.

Eh bien non. Il m'avait vue aussi. Et son visage souriant se drapa instantanément d'une espèce de désir de passer inaperçu, de ne pas s'encombrer de sa mère dans ce moment qui lui appartenait. Il me fit signe de ne pas m'arrêter et de poursuivre mon chemin.

J'éclatai de rire seule dans la voiture en respectant sa demande. Parce que, voyez-vous, je ne voyais pas ce jour où l'aîné de mes enfants, un de mes plus affectueux, celui qui cherche encore parfois à prendre tendrement ma main en marchant dans les centres d'achats, celui qui vient gentiment m'embrasser avant de partir pour l'école, celui qui me dit régulièrement qu'il m'aime, celui qui fait toujours attention à sa façon de me dire les choses pour ne pas me blesser, me repousserait pour préserver la bulle de l'intimité de ses amitiés.

Ce jour est arrivé. Une petite (nécessaire) brisure. Une sorte d'envol pour lui, une forme de rejet pour moi. Pas un rejet triste ou négatif, non. Un rejet comme la première vraie fois depuis la phase d'autonomie qu'on ose réellement dire: "Cette fois, je n'ai pas besoin de toi". Allez savoir pourquoi, cela me fait tout chaud au coeur que mon grand garçon ait osé.

*Après lecture de ce billet, mon fils m'expliqua que son embarras était issu non de ma personne mais du bordel à l'intérieur de notre voiture (dont le copain en question aurait été témoin puisque je lui aurais inévitablement offert un lift...:) )

Un merci moelleux

Un costaud et bien moelleux merci à vous, fidèles lectrices et bienheureux lecteurs, qui avez pris le temps de m'offrir (ainsi qu'à Fils Aîné) votre appui pour le Blog'Or 2008.

Grâce à votre support, Fils Aîné s'est vu mériter le prix du Meilleur second rôle masculin (il vous témoigne d'ailleurs sa gratitude dans un poignant discours lors du Gala).

Vos votes m'ont permis de recevoir le prix pour la Rigueur de la langue écrite (que mon présentateur a renommé d'une façon absolument charmante qui me plait beaucoup).

Je suis d'autant plus touchée d'avoir reçu ce prix que les candidats de cette catégorie étaient des blogueurs dont la profondeur, la grâce et l'intelligence du verbe me scient le coeur par ce qu'ils suscitent en moi plus souvent qu'autrement.

Merci donc à vous tous, mes lecteurs-trices dont j'apprécie le passage quotidien!

dimanche, mai 25, 2008

En ligne!

La blogosphère attendait avec impatience le fruit du labeur, du génie et de la créativité de La fêlée et de L'ex ivrogne dans le cadre de leur Gala blogu'Or 2008.

Vous pouvez en visualiser le bijou 3D ici.

Cela vaut la peine de le regarder du début à la fin pour l'apprécier à sa juste valeur (et apprécier du même coup mon allure 3D avec taille de guêpe et poitrine digne de mes plus grosses montées de lait Pamela Anderson)!

vendredi, mai 23, 2008

Le plaisir

Quels sont les moments de plaisir pur de votre vie?

Les miens ont tous une chose en commun: ils sont tous liés à une intense vulnérabilité.

L'amour et le plaisir charnel

Être entièrement à la merci de quelqu'un d'autre qui pourrait me faire énormément souffrir s'il était mal intentionné.

Le plaisir charnel intense ouvre l'âme autant que le corps.
Ai-je déjà ressenti une souffrance aussi béante que la première fois que nous avons fait l'amour après la mort de notre enfant?

Le plaisir d'une beauté si grande qu'intensément remuante

Le plaisir de me retrouver devant un paysage à couper le souffle (essentiellement pour moi les sommets de montagnes): l'intensité merveilleuse de ce sentiment d'être infiniment petite dans ce monde si majestueux, l'impression que le simple fait d'être là me rend totalement vulnérable mais me saoûle également à la fois de pouvoir et d'invulnérabilité (pour emprunter les mots si beaux d'Elizabeth Smart dans À la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleuré).

Le plaisir de la musique

Jouer de la musique, doublement si c'est en harmonie avec quelqu'un d'autre. Produire de la musique, ressentir le fruit de sa musique, en être ému, se sentir vivant, en osmose avec elle.

Jamais je n'oublierai les yeux de mon père lorsqu'il jouait de la musique. Ils roulaient dans l'intensité du bonheur du moment présent. Les expressions de son si beau visage étaient régies par les notes qu'il jouait. Il chantait, son corps ondulait naturellement au rythme de ses accords, son corps et son âme se fondaient en une seule et même entité, il était au diapason de lui-même.

Le piano à quatre mains avec mon professeur. Même dans des pièces fort simples, le sentiment de faire partie d'un tout, de contribuer à nourrir l'harmonie était si intense que j'en aurais pleuré de bonheur. Idem lors des trop rares duos piano-violon avec mon homme. La musique nous coule dans le moment présent.

Les enfants

Dans des moments où la dynamique est particulière entre eux, où l'interaction, l'entraide, l'humour, les folies font d'eux la parfaite réussite à vous rendre ému de fierté (jusqu'à l'exaspération qui suivra parce que quelque chose aura inévitablement détruit ce si parfait moment).

Un de ces moments: il y a quelques jours, Fils Aîné entraînait ses frères dans une chorale, expliquant à l'ensemble ce qu'il attendait d'eux. Il fit alors jouer Fa la la, une pièce de Bundöck qu'il aime particulièrement. Fils Aîné s'attribuait les paroles de la chanson et ses frères devaient réciter les arrière voix de "Fa la la la la, la la la la". Tout le monde y mettait du coeur, l'harmonie était parfaite et ils recommencèrent plusieurs fois pour étirer le plaisir.

Frédéric, attiré par le plaisir contagieux au sous-sol, descendit rajouter sa voix à celles de ses grands frères tandis que Grand-Homme et moi finalisions le souper en riant de bon coeur de ce si parfait moment.

Le rire

Le rire est parfois si proche des larmes qu'une simple question de dosage peut tout faire basculer dans les pleurs pour drainer la trop dense émotion d'un moment de bonheur débordant.

Pourrait-on ressentir la pureté du plaisir si l'on ne savait du même coup se rendre vulnérable, ouvert à l'autre?

jeudi, mai 22, 2008

Les numéros

Tout-Doux, sautillant sur le chemin de pierres de la cour tandis que je désherbe mes plates-bandes: "Maman, est-ce qu'il y a des numéros sur les roches?"

-Non, pourquoi?

-Ah. C'est parce que j'ai entendu dire que certains animaux comme les tortues et les kangourous léchaient les roches pour avoir leurs numéros.

(J'avoue humblement que j'ai mis quelques secondes à allumer sur celle-là!)

De la paresse horticole

Habituellement, à cette période de l'année, ma folie du jardinage est déjà commencée: j'ai fait le tour de mes plates-bandes, repéré les pousses de mes vivaces qui s'éveillent, me suis mise maintes fois à quatres pattes sur le sol humide pour humer l'odeur sublime des jacinthes, ai désherbé les pissenlits qui poussent à travers le phlox rampant, ai visité la pépinière plusieurs fois en me demandant quelle plate-bande j'agrandirais cette année pour être certaine que TOUTES les vivaces que j'aime aient une place, le potager est déjà prêt et je suis aux anges à guetter la progression de mes nouvelles amies.

Cette année, niet. Pas trouvé le courage et l'énergie de tout nettoyer. La cour est bordélique, le gazon est long, mes plates-bandes s'y perdent, tout a l'air abandonné à l'heure où les lilas sont déjà en fleurs. Grosse, grosse paresse horticole.

***

Triste constat depuis deux jours: le beau mâle du couple de canards colvert vient seul faire trempette dans notre piscine. Le couple, qui nous est fidèle depuis huit ans, se serait-il défait? Je m'inquiète pour la femelle. J'ignore si elle s'est isolée pour aller pondre ses oeufs ou si elle s'est faite tuer. Le beau mâle a l'air si triste sans elle (d'accord, les canards ne connaissent peut-être pas la tristesse mais moi, ça m'attriste de les savoir séparés)!

L'humour du pharmacien

Après un mois d'éternuements incessants, je me suis décidée hier à aller consulter le pharmacien. C'était apparemment le doyen de la place.

Je lui explique que depuis que j'ai mis les pieds à Cuba, éternuer constitue une importante activité de fond de toutes mes journées. Je lui parle de mes symptômes d'allergies alors que je n'en ai jamais eu de ma vie.

Après un blabla à-propos sur les allergies, il me suggère des anti-histaminiques. Je m'en étonne (c'est supposé être proscrit durant la grossesse) et lui signale que je suis enceinte.

"Oui-oui, j'ai remarqué que vous vous étiez fait piquer par une grosse abeille." lance-t-il les yeux pétillants.

J'offre un sourire se situant entre un "Que vous êtes drôle!" et un "Quel culot!" surpris.

"...et son dard..." qu'il murmure pour lui-même, semblant apprécier beaucoup son humour.

Je sais pas pour vous mais pour ma part, je préfère le genre cinglant du Dr. House...avec d'autres que moi.

mercredi, mai 21, 2008

De la culpabilité...et des droits

J'admire la zénitude de ma sage-femme. Elle est toujours rayonnante, souriante, désinvolte, ne s'en fait pas pour rien. J'aimerais avoir son indulgence, son équilibre, sa sérénité.

Je lui racontais hier les nombreuses manifestations de mon incessante culpabilité: culpabilité de ne plus avoir envie de lire d'histoires avant le dodo des petits, culpabilité de ne pas offrir à mes enfants chaque soir un repas parfaitement équilibré, culpabilité parce que j'élève le ton, culpabilité de n'avoir plus beaucoup de patience en soirée, culpabilité si un de mes enfants fait des niaiseries qui pourraient découler du fait qu'il se sent négligé parmi la fratrie, culpabilité parce que je regrette certaines de mes paroles envers l'un d'eux, culpabilité de manquer d'enthousiasme pour certaines choses, etc.

Cela l'a bien fait sourire. Elle m'a parlé des droits des mères: droit d'être lasse ou fatiguée, droit de préparer un repas moins santé de temps à autre, droit d'être indulgente envers soi-même, droit de décrocher du syndrôme de la performance, droit de simplement être soi-même avec ses faiblesses, droit de se mettre la barre moins haute pendant une période demandante comme la grossesse.

C'est si facile avec sa philosophie! Même avec l'impression d'être une mère moche le soir où le repas que je sers à ma famille me gêne, elle arrive à me faire voir une même situation sous un angle autre.

Est-ce la voie du lâcher-prise? J'avais l'impression de m'en rapprocher depuis un certain temps, de choisir judicieusement mes batailles mais je constate que j'ai encore du chemin à faire!

mardi, mai 20, 2008

L'avantage des grands

L'avantage d'avoir des grands, c'est qu'ils peuvent maintenant être nos alliés en ce qui concerne les mythes et légendes entretenues pour l'imaginaire fantastique des petits.

Il y a quelques années à peine, Fils Aîné tenait tellement à démontrer qu'il faisait partie des grands qu'il trahissait avec bonheur les secrets de leur Ordre. Il a beaucoup gagné en discrétion et en humilité depuis.

Il y a deux semaines, nous avons déménagé Coco (6 ans) de chambre. Il dort maintenant dans la même pièce que le plus grand des grands frères, qui avait toujours eu sa chambre à lui seul.

J'expliquais à Fils Aîné que je ne comprenais pas pourquoi la Fée des Dents ne passait pas depuis que Coco partageait sa chambre. Peut-être était-elle intimidée par la présence d'un ado qui se couche plus tard? Pauvre Coco, quatre matins de suite, il se réveilla déçu, tentant de trouver par lui-même la raison pour laquelle il avait encore été oublié.

Saisissant ma subtilité, Fils Aîné ne fit que sourire et tendit naturellement la main: "Donne-moi l'argent. Je m'en charge dès qu'il sera endormi." La chose fut faite et il remonta aussitôt me livrer la précieuse marchandise d'ivoire.

Coco fut enchanté le lendemain parce que non seulement il avait reçu l'argent pour sa dent, mais la Fée avait même prit la peine de lui laisser une note d'excuse pour le retard.

C'est-y pas pratique d'avoir des alliés pareils?

Se mouiller

Voilà. Stop. C'est fait. Stop. Ai abordé quelques éditeurs. Stop. Première approche. Stop. Fébrilité et chienne en simultanée. Stop. Ouf. Stop.

On sait que c'est vraiment le dernier...

...quand on regarde son p'tit dernier de deux ans et trois quarts et que l'on se décourage à l'idée de devoir encore repartir à zéro au niveau autonomie avec un petit bout criant de chair rose dans quelques mois.

Je regardais la maison bordélique il y a quelques jours et faisais le commentaire à mon homme. Regarde ça et imagine...un siège de bébé qui encombrera partout dans la maison...des bains à donner à un nouveau-né...des nuits courtes....du régurgit sur l'épaule au moment de partir chaque fois que l'on est pressé...préparer le souper à un bras en allaitant de l'autre (mon karma)...une période où le bébé ne se tient pas encore bien assis et plante face la première sur le plancher en hurlant (parce qu'évidemment, le bébé plante toujours dans la zone de dix centimètres qui n'est pas coussinée autour de lui)...des jouets de bébé qui traînent (pour s'ajouter aux autres pour lesquels on n'a qu'à crier aux propriétaires de venir les ranger), un bébé qui marche à quatre pattes, donc passer le balai encore plus souvent, laver le plancher encore plus souvent...devoir mettre la barrière dans les escaliers (on vivait tellement bien sans!), courir après les suces pour calmer un bébé en pleurs...(soupir!)

N'allez pas croire que je regrette cet enfant, ce n'est pas du tout le cas, je vous parle simplement de cette certitude physique, mentale, psychologique et émotive que cette fois...c'est vraiment le dernier (quoiqu'en diront mes hormones dans quelques années).

Il y aura une si grande marge entre mon ado de presque quatorze ans (qui est plus technologisé que moi!) et le tout mini qui s'en vient! Mon grand sera déjà à l'université lorsque le bébé rentrera à la maternelle!

J'expliquais à ma sage-femme aujourd'hui que bien que je sois dans une fort agréable période de ma grossesse, je ne sens plus autant d'enthousiasme à vivre l'expérience de la maternité qu'à mes cinq premières (comprenez que la sixième fut elle aussi pénible).

La marmaille est nourrissante et enrichissante pour la mère que je suis, mais elle sait aussi dévorer un grand pan de la liberté que je convoite avec appétit depuis longtemps (bave comprise). L'autonomie des enfants qui grandissent, c'est-y pas de la belle liberté ça!?!