mardi, août 28, 2007

Le moment présent

J'éprouve énormément de misère à profiter du moment présent. Je suis toujours trop stressée, la tête trop pleine de choses à ne pas oublier, à réaliser, à organiser, à penser. Je voudrais savoir m'arrêter et profiter vraiment de l'instant présent.

Après mes études, j'ai décidé de sauter en parachute. Je m'imaginais que de sauter d'un avion à 13 500 pieds d'altitude en m'époumonnant me permettrait de libérer les trois années d'abnégation intense que je venais de vivre (et que j'avais été heureuse de vivre). Ce fut le cas. Comment penser à autre chose qu'au moment présent en chute libre à 200 km/h? Lâcher-prise total. Sublime.

J'aimerais savoir vivre naturellement ainsi.

Aujourd'hui, mon père subissait une opération risquée pour son cancer. J'ai stressé en grand jusqu'à l'appel, ce soir, de sa femme.

J'ai raccroché. Respiré. Et coordonné les bains.

Puis, je suis partie courir. Je réalisais, au bout d'un certain moment de course, que les seuls moments où je vis réellement l'instant présent sont durant les épisodes intensément physiques ou émotifs.

Lorsque je cours, je jouis d'abord du fait qu'à présent, ça ne représente plus un effort physique: je cours comme sur un nuage. Je ne sens pratiquement plus l'effort et le paysage défile sous mes yeux sans que je ne me rende vraiment compte que ce sont mes pieds qui me font avancer. Contrairement au début, ce n'est plus forçant pour ma respiration et je n'ai plus de crampes. C'est un peu comme si je volais. N'est-ce pas merveilleux de pouvoir voler?

Puis, ce qui est apaisant, c'est qu'aucun enfant ne me sollicite durant ce temps. Je suis entièrement libre.

Enfin, je réalisais aussi que l'effort me valait un sourire quasi permanent durant la course. Les endorphines (ou est-ce l'adrénaline?) ont sur moi l'effet d'un gaz hilarant. Cela amusait mon prof de judo car en randori, alors que mes adversaires étaient sérieux et concentrés à me déstabiliser, moi, je souriais béatement en esquivant (et même en me faisant projeter au sol).

Dommage que mon amoureux ne coure pas avec moi. Il serait sans doute ravi de renouer avec mes ravissants sourires.

9 commentaires:

Moi et ma couvée a dit...

Courir, sourire... des mots magiques... Liberté, ça c'est puissant.
Respirer, vivre... essentiel!

maman a dit...

Petite chérie,

le renfort sera là bientôt. Le temps d'une course ou deux. Ferme les yeux. Et vole au pays des rêves là ou tout semble encore plus réel et ou le mot liberté prend tout son pouvoir. Je t'y rejoindrai bientôt.

Véronique a dit...

TADAM ! Exactement.

Je ressens la même chose en courant. Ou en faisant du yoga.

Dans le fond, courir, c'est un peu jouer sans être dérangée. Ça me rappelle mes après-midi à jouer aux légos jadis en pensant à rien d'autre.

Il faut trouver un moyen de ne penser à rien d'autre qu'à ce qu'on fait, ce qu'on ressent, ici et maintenant.

Une femme libre a dit...

Quel billet intéressant (mais ils le sont tous, vous avez un réel talent d'écriture)! C'est dans l'émotion pure ou dans l'exercice intense que l'on vit le mieux le moment présent. Il y a d'autres chemins, plus ardus. La méditation par exemple. Le yoga, quand c'est bien difficile, me permet cette présence à l'instant présent. Par le corps, on contrôle l'esprit, on devient un esprit libre.

Méli a dit...

Contente de lire que l'opération s'est bien passée (enfin, c'est ce que je conclue de l'appel...)

Important de savourer le présent, j'y arrive un peu mieux qu'avant, pas tout le temps... moi, c'est pratiquer une activité artistique qui me vide l'esprit le mieux...

Monique a dit...

et moi la lecture... me fait litérallement décroché!!!

Bonne soirée grande dame.

Cricri a dit...

Je ne pense pas être capable de devenir adepte de la course ainsi....mais le yoga m'apporte la même chose.

bisoux pour la suite ...xx

pistache a dit...

Moi j'adore passer la tondeuse. Ca me fait faire de l'exercice et aucun de mes enfants ne viens me déranger. Je peux m'entendre penser si on ne tient pas compte du bruit de la tondeuse

Intellex a dit...

Si nous n'avions pas à courir toute la journée pour ensuite courir la liberté, probablement que l'homme grand aurait droit à ces sourires magnifiques de l'activité physique intense... (Bien sur, je parle pour moi !!)
*Heureuse, pour votre père.
Empathie.