mardi, novembre 07, 2006

Réflexions

DE MAGASINAGE

En passant devant d'onéreuses horreurs de Noël gonflables: y a vraiment une clientèle pour ce genre de mastodontes de vinyle?

À en croire mes voisins de plus en plus nombreux, hélas...

***

En passant devant un superbe petit jeans grandeur 3 ans: Oh qu'il aurait été beau! Ses petites fesses auraient été exquises avec le design du derrière du pantalon. Il porterait du 3 ans aujourd'hui, mon costaud de petit homme.

Ça me manque de lui acheter de beaux petits morceaux, des petites surprises impulsives au gré du magasinage, des jouets qui l'auraient amusé. Ça me manque cette simple possibilité de penser que si j'achète tel truc en pensant à lui, ce sera utilisé.

Lorsque j'achetais du chocolat et que je rentrais à la maison, j'en gardais toujours quelques morceaux pour lui. Je lui tendais en souriant et il me regardait avec un stoïcisme apparent, mais ses yeux parlaient pour lui et il les prenait naturellement et me tendait ensuite la main en me demandant "encore olat".

Son intense regard brun foncé était toujours si conscient, si mature. Vingt-trois mois, mais une incroyable lucidité dans le regard de ce sublime enfant.

Il y a un si grand trou, un si grand vide à présent entre mon fils de 5 ans et mon bébé d'un an... J'y pense continuellement, en filigrane derrière tout ce que je fais.

Je disais à mon homme hier que l'on devrait pouvoir avoir, disons deux après-midis par année, le droit et la possibilité d'aller le chercher là où il est pour passer un peu de temps avec lui, pour s'ennivrer de lui et nous permettre de vivre sereinement six mois de plus.

Deux intenses demi-journées par année, ça me semble raisonnable, ne pensez-vous pas?


DE MON FILS DE CINQ ANS

(en mangeant sa viande trop dure)

"Maman, y a du bruit dans ma viande, je veux pas la manger."


DU MATIN À LA GARDERIE

En regardant la belle Louna à la garderie hier: ça y est... Elle vient de franchir l'âge éternel de mon fils. Vingt-trois mois et sept jours. Elle avait désormais une journée de plus que lui, elle venait désormais de devenir plus âgée que son grand ami Thomas.

Je la regardais, belle, frisotée, délicate et si volubile et me disais que ses parents étaient choyés (d'une "chance" que l'on croit à tort acquise, je le sais maintenant) d'avoir été chercher dans son lit au matin leur petite fille vivante.

On se méfie du sommeil uniquement pendant la période à risque de la mort subite du nourrisson, pas pour un enfant de vingt-trois mois. Et c'est correct ainsi, il ne faut pas virer fou, on est déjà assez inquiets pour eux pour plein d'autres raisons! Les morts subites d'un enfant plus vieux pendant le sommeil sont extrêmement rares, mais ça nous est quand même arrivé. On ne s'attend pas à trouver son enfant si délicieusement vivant la veille mort dans son lit au matin.

Elle fêtera bientôt son anniversaire, la petite, et elle soufflera ses deux bougies comme notre Thomas n'a pu le faire.

Je ne suis pas amère du bonheur des autres, mais uniquement plus consciente de ce qui n'est pas acquis, même si ça devrait aller de soi. Plus consciente aussi que la présence près de nous de ceux que l'on aime est un immense privilège. Je sais maintenant qu'on peut difficilement savoir ce qui nous pend au bout du nez et que l'on devrait profiter à fond de ce qui nous est précieux aujourd'hui.

8 commentaires:

Doulaya a dit...

Ma belle, parfois je me remet à penser à ton canard, à la consience quasi immédiate de ses choses non acquises, que ce drame à mis dans la tête et le coeur de votre entourage. Et que comment, 7 mois plus tard, seulement, pour nous, les autres, la vie à repris son cours. Je ne prend plus aussi souvent le temps que je m'étais promis de prendre avec mes mousses, tant pour les jeux en famille que pour les moments plus intimes. Mon attitude de mère-qui-se-sent-dérangé est vite revenue, à mon insu. Merci de me le rappeller, je te fais un gros calin XoX

chocolyane a dit...

Je suis désolée, Grande Dame... Tellement désolée...

Nathalie a dit...

Ô combien c'est vrai. Quand ma puce est morte, ma vie a changé. Je sais que ça sonne vide, mais c'est vrai. Maintenant chaque moment, chaque instant a plus de profondeur, d'intensité. Il m'arrive encore de regarder mon bébé dormir et de me sentir submergé, de penser que c'est merveilleux, qu'il est vivant et que je n'en demande pas plus.

Je suis désolée pour ton Thomas, je voudrais dire plus, mais je sais que je ne peux pas. Je te fais un câlin et je pense à toi.

Tangerine du Québec a dit...

Comme j'aimerais prendre ta douleur une seule journée pour te soulager un peu. Perdre un enfant c'est la pire chose qui peut nous arriver a nous les mères. Je te souhaite de retrouver toute ta sérénité un jour. Ton petit ange doit veiller sur toi.

Y'en a marre! a dit...

J'ai précieusement gardé la photo de Thomas dans mon ordinateur et je l'ai regardé en te lisant.

Ça change une multitude de perceptions, de réflexions, de réflexes même, la perte de notre enfant.

Anonyme a dit...

Salut Grande Dame,

C'est drôle qu'aujourd'hui je vienne prendre de tes nouvelles et tu parles de Thomas.. Je suis partante pour 2 demi journées par année avec notre soit petit canard ou notre bébé chat ;0)))

Je me souviens de tes textes quand ils s'adressaient à moi... et je ressent pleins de compréhension autant qu'avant mais plus profond, car avant tu imaginais, malheureusement maintenant, tu sais..

Juste aussi te dire que je vais bien, malgré tout ce que tu sais...

Une belle caresse d'affection pour toi,

Bye

Myjoterie

Anonyme a dit...

J'apprends comment c'est arrivé... je sais pas si j'aurais survécu... je suis bien contente de lire tes textes joyeux et les belles tranches de vie de ta grande famille :)

Merci de partager tout ça avec nous.

Grande Dame a dit...

Merci Beo.

My, je suis heureuse de te lire. J'espère que tu vas bien.