vendredi, novembre 17, 2006

Fleurs pour parents

J'apprécie toujours les rencontres aves les enseignants de mes enfants. J'aime avoir du feed-back de leur évolution en-dehors du cadre familial.

Je connais mes enfants pour ce qu'ils sont avec moi, mais n'ai pas vraiment d'éléments de d'observation (pour éviter d'utiliser le très vilain "comparaison" ;-) ) avec un groupe du même âge. À la maison, ils sont eux, je connais leurs forces, leurs tendances, les indicateurs de ce qui ne va pas. Ils sont ma référence pour un enfant de leur âge respectifs.

En discutant avec leurs enseignants, j'apprends à connaître le développement social de ma progéniture et cela m'enchante d'ouvrir la porte sur un aspect d'eux auquel je n'ai pas souvent accès.

C'est toujours un bonheur de se faire flatter indirectement par les commentaires des profs, de ressentir cette fierté à l'idée que ces petits garçons que j'aime plus que tout, même loin de mon rayonnement protecteur, ils cheminent et accumulent du bagage pour nourrir leur caractère, personnalité, leurs connaissances.

Ainsi, mon Petit Caractère de cinq ans "est un élément positif dans le groupe, un leader qui aime aider les autres de façon constructive, qui prend confiance en lui et qui règle ses conflits jadis classés avec les poigts de mieux en mieux avec les mots. Ah, et il est cultivé, a un bon vocabulaire et est très articulé pour son âge". Flatterie numéro 1.

Je connais peu l'enseignante de ma Douceur de sept ans. Elle est nouvelle à l'école et ses interventions écrites et la rencontre de début d'année me donnaient l'impression d'une prof très exigeante, très axée "discipline". J'avais hâte de la rencontrer pour valider mon impression.

Finalement, échanges intéressant, elle sait où elle s'en va, elle tient les rênes de sa classe serrés. Nous avons partagé nos observations. Mon fils a un esprit de synthèse incroyable que je prends plaisir à découvrir. Il nous expliquait cette semaine ce qu'il avait appris sur les Égyptiens, nous détaillait la hiérarchie des dieux égyptiens "qui sont différents du dieu unique de la religion catholique". Le prof me disait à quel point elle trouvait ma Douceur cultivée pour son âge, son vocabulaire recherché et sa capacité de partager de l'information pertinente au bon endroit dans une discussion admirable. Flatterie numéro 2.

L'enseignant de Boute-en-train a eu lui aussi sa dose de bons mots: un élève aidant, généreux, qui a un peu tendance toutefois à s'asseoir sur sa facilité alors qu'il pourrait se surpasser aisément avec un minimum d'efforts. Il expliquait qu'il avait observé le côté humoristique et théâtral de mon Boute-en-train, qu'il avait une belle complicité avec lui et que mon fils aimait bien aller lui partager des jeux d'esprits assez vifs "pour son âge".

Dans ma tête: "Ça y est, il a été grossier, nooooon, j'ai faillit!!!"

Le prof rajoute: "Oh, mais rien de déplacé! C'est simplement qu'il a une présence d'esprit, un type d'humour qu'on ne retrouve pas habituellement chez un enfant de 8-9 ans."

Me voilà rassurée. Flatterie numéro 3 (ma fierté de mère commence à être drôlement gonflée).

On passe ensuite à ma première rencontre avec un conseiller du secondaire. Je ne m'attendais à rien d'inquiétant, mon aîné étant un élève appliqué, studieux et autonome.

Voilà mes flatteries numéro 4: bon élève, discipliné, à son affaire, qui s'affirme de plus en plus et qui a assez d'aplomb pour aller négocier avec tact et doigté une note qu'il juge injustifiée avec un enseignant.

Wow.

Mes fils sont évidemment imparfaits et je connais chacun de leurs défis à relever en classe, mais n'est-ce pas magnifiquement agréable d'apprendre à connaître les aspects cachés de ces petits humains que nous avons engendré, de découvrir le potentiel de ces jeunes personnes qui sont aussi une partie du capital d'une nouvelle génération?

***

En contre-partie, depuis que je suis en amour avec un prof, les rencontres avec les enseignants me font sourire. L'observation de ces profs pendant la rencontre nourrit mon imagination quant aux discussions de salles de profs.

À force de débats passionnées entre mon homme et un de ses amis enseignants sur la pédagogie, la réforme, la discipline, les solutions à tous les maux de l'éducation au Québec et surtout, surtout, les parents (aaaah, les parents, qui semblent être le calvaire chronique de plusieurs!), je ne peux m'empêcher de sourire à imaginer qu'au moment où je m'asseois sur la chaise en face de l'enseignant de mon fils, je deviens moi aussi le calvaire d'un prof.

Je tente alors de contenir mon amusement (j'ai toujours en tête les discussions enflammées), ne voulant pas avoir l'air trop insolent par mon sourire déplacé.

J'ai de l'estime pour ces enseignants habités par leur passion et leurs idéaux, mais je ne peux m'empêcher de ressentir un élan de réelle compassion pour certains enseignants épris d'éducation et qui, tout frais sortis de l'université avec des idéaux plein la tête, s'affichent comme des spécialistes incontestables dela pédagogie venant étaler généreusement l'Ultime Savoir en méprisant de façon à demi-avouée les parents qui apportent l'enfant à l'école comme de la simple eau au moulin.

La pédagogie est-elle à ce point universelle et indépendante de l'individualité de chacun? Un parent et un prof qui travaillent de pair, c'est envisageable et même souhaitable, non? Le parent, par sa connaissance de son enfant, peut aider l'enseignant à peaufiner ses méthodes avec lui. En quoi le parent est-il un si lourd fardeau pour l'enseignant? Le prof se sent-il discrédité dans son rôle?

La directrice de l'école de mes moussaillons -femme que j'estime, m'a dit lors du dernier conseil d'établissement suite à une proposition que j'apportais que je ne vivais pas dans le vrai monde, que les parents sont centrés sur leurs besoins et leurs droits par opposition à leurs responsabilités. Les profs et les responsables du service de garde étaient unaniment d'accord.

Dans ma toute bonne foi, je suis demeurée perplexe. J'ai déjà croisé l'un de ces parents, qui m'avait grandement consternée par son désengagement total vis-à-vis de son enfant et que je croyais être une exception.

Nous avons une petite école de quartier harmonieuse, un brin hétéroclite et à la clientèle majoritairement d'origine québéboise et dont les parents se situent dans la classe moyenne, je discute avec d'autres parents -hétéroclites aussi, ne partage pas les opinions de tous, mais la plupart me semble des parents soucieux du bien-être de leur enfant, investis, semblant accorder à leur éducation une importance minimalement "correcte" (j'ose à peine apposer d'étiquette).

Le portrait que me dresse des parents le personnel de l'école est tout autre. Beaucoup trop de parents sont laxistes quant à l'éducation de leurs enfants, trop peu impliqués, peu coopératifs, nourrissent mal leur enfant, les sous-habillent en hiver, ne respectent pas les conventions implicites et explicites de l'école, etc.

Encore une fois, je demeure perplexe. Est-ce que je vis vraiment dans ma bulle?

Suis-je si naïve?

7 commentaires:

Anonyme a dit...

Bonjour Grande Dame.J'étais à la recherche de Doubibi, quand un lien sur Google m'a menée vers ton site. Si tu es bien la Doubibi que je cherche, je te salue. :-) Je ne sais même pas si tu te rappelles de moi. Je participais à Profession Parent, voilà plusieurs années. J'utilisais le pseudo Geai Bleu... je m'ennuie tellement de vous toutes... j'espère avoir de tes nouvelles, si le coeur t'en dit. :-)

Tangerine du Québec a dit...

A chaque année, lors de réunion avec les enseignants, je recevais beaucoup de fleurs moi aussi au sujet de ma fille. On la disait surdouée, intelligente, organisée, belle, bref qu'elle irait loin dans la vie. Les prédictions étaient justes. Elle a 23 ans, fait présentement sa Maitrise à Paris et compte bien faire son doctorat. C'est donc dire que les profs reconnaissent facilement , par leur expérience, ceux qui ont un avenir dans les études.
Tu t'occupes tellement bien de tes fistons que je ne m'inquiète pas du tout pour eux!

Y'en a marre! a dit...
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blogue.
Y'en a marre! a dit...
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blogue.
Grande Dame a dit...

Bonjour Pascale! Je suis heureuse de te lire! Je t'ai envoyé un email quelque part ces derniers mois, mais ton adresse ne devait plus être bonne.

J'ai hâte de lire de tes nouvelles. Comment vont tes filles?

Tangerine, ta fille semble effectivement être douée et avoir beaucoup d'ambition! Chapeau, tu dois être très fière!

Anonyme a dit...

Ce n'est pas de la naiveté à mon avis d'être à jour avec sa progéniture! Encore moins de travailler en accord avec les enseignants et de s'impliquer de quelque manière à la vie de l'école.

C'est mon avis et c'est comme ça que j'ai vécu l'éducation estudiantine de mes enfants. ;)

Moi je te dis bravo!

souimi a dit...

Depuis 20 ans que j'enseigne, je remarque que les enfants qui viennent d'un milieu aimant et facilitant réussissent beaucoup mieux que les autres. Ils ont la tête libre lorsqu'ils arrivent à 8h00 le matin.
C'est différent pour ceux qui sont négligés ou abusés. La règle des participes passés leur passe nettement par une oreille et sort par l'autre et je ne les blâme pas du tout.
Continue de t'implquer. C'est toujours agréable de rencontrer des parents ouverts et intéressés à leurs petits.