jeudi, septembre 02, 2010

Sacs recyclables, épiciers et souci écolo? Laissez-moi rire !

Il y a maintenant quoi, un an et demi, deux ans que c'est la folie furieuse du bye bye sacs en plastique dans les supermarchés? J'avoue qu'au départ, si j'oubliais mes sacs dans la voiture, j'hallucinais tous les regards sur moi comme si par mon geste j'étais une infâme traîtresse de notre bel environnement. Autour de moi, les gens portaient leur sac soigneusement plié tandis que les miens étaient balancés négligemment au fond de la voiture, piétinés, usés.

Aux caisses des épiceries, les écolos-sacs en vente avec des panneaux publicitaires vantant le souci de la bannière pour l'environnement pullulent. Bullshit !

Tout le monde du commerce, soudainement, est habité d'une pseudo-volonté à sauver le monde par les fichus écolos-sacs.

Permettez-moi: au tout début de cette initiative où l'on a relegué la responsabilité de l'environnement sur les épaules des clients, je trouvais cela fantastique. Je me disais que le changement radical de politique allait en conscientiser plus d'un. Puis, il y eut ces reportages où l'on a expliqué que ces sacs
étaient en fait des terreaux extrêmement fertiles pour toutes sortes de bactéries, où l'on a expliqué que globalement, dans l'univers du suremballage, l'éliminations des sacs en plastique utilisés au supermarché ne représentaient qu'un pas ridicule sur la voie de l'assainissement de l'environnement.

Pourtant, ce n'est pas cela qui me contrariait. Ce qui  me contrariait, c'est que l'élimination des sacs de plastique au profit de "l'environnement" n'était qu'une niche de plus pour les épiciers sous de faux prétextes. Les épiciers économisent des milliers de dollars par année de frais fixes en facturant dorénavant 5¢ le sac de plastique au client utilisateur. C'est lui et uniquement lui qui, sous le très à la mode prétexte de l'environnement, s'en met plein les poches.

Un épicier soucieux de l'environnement ne fait pas que promouvoir avec conviction l'utilisation des sacs de plastique. Un épicier réellement soucieux de l'environnement instaure des politiques à l'interne, revoit ses manières de faire, recycle, composte, explore de nouvelles avenues. C'est le cas du IGA Fleurent, à Granby, entre autres, qui est devenu une référence en matière de gestion des matières résiduelles et qui aide et encourage d'autres épiciers à changer leurs habitudes à plus grande échelle au lieu de se donner bonne conscience en misant sur les actions du client.

Il y a quelques semaines, tandis qu'elle scannait mes articles, j'ai demandé des boîtes à la caissière du Maxi. "Désolée, on n'a pas de boîtes ici."

Tiens donc, une épicerie qui n 'a pas de boîtes. "C'est nouveau", que je me suis dit, les épiciers ont toujours fourni des boîtes sur demande à leurs clients.

Après avoir payé, elle m'a demandé pourquoi je désirais des boîtes. Je lui ai expliqué que c'était pour emballer nos débris de rénovations. Voyant que je m'apprêtais à sortir mes écolos-sacs, elle s'exclama: "Aah, c'est pas pour emballer?"

-Euh, non.

-Attendez. On a des boîtes dans le département de la boulangerie.

Et aussitôt, la caissière de téléphoner à une collègue pour l'aviser qu'une cliente passerait chercher des boites.

J'ai compris que le personnel avait eu le mot d'ordre de ne pas donner de boîte aux clients qui auraient pu préférer l'option d'un des trois R (Réduire, Recycler, Réutiliser)  à un autre pour contourner quelques 5¢ pour des sacs en plastique.

C'est-y pas du beau mercantilisme ça?

11 commentaires:

Mamounia a dit...

Personnellement, je suis très heureuse des sacs à 5 sous, surtout ceux de Loblaws et cie, compostables et recyclables, que j'achète en grande quantité (oups, les écolos me jettent des regards mauvais à l'épicerie quand ils me voient!) pour m'en servir comme sacs de poubelles à la cuisine. A 5 sous par sacs, ce n'est pas cher et beaucoup plus écolo que les sacs-poubelles traditionnels!
Je comprends un peu le principe du 5 cents, cela ressemble à la Suisse où les sacs de poubelle coûtent 3$ CHAQUE!! Imagine avec nos grosses familles, on a beau recycler, composter, réutiliser, on ne se sauve pas des vraies vidanges, ouch le porte-monnaie...

Grande Dame a dit...

Je ne me sens plus coupable des quelques sacs à 5¢ de temps à autre. Comme chez toi, ils sont réutilisés...

L'aubergiste en devoir a dit...

Le jour où ils voudront VRAIMENT faire leur part, ils cesseront de mettre les légumes dans des contenants de styromousse ou de réemballer dans des sacs plastiques certains fruits et\ou légumes.

C'est un véritable non-sens. Personne ne le voit ou tout le monde fait de l'aveuglement volontaire?

Valérie a dit...

En matière de pollution, la contribution des sacs de plastique est vraiment infime. Très peu volumineux, ils ne contribuent pas beaucoup au «remplissage» des dépotoires, et ne libèrent pas de particules nocives en se biodégradant. Par contre, lorsque des personnes peu précautionneuses les laissent s'envoler au vent, ils risquent de causer un étouffement ou un étranglement chez les animaux qui essaient de les manger. De source assez versées dans l'environnement et sa gestion, c'est leur principal effet nocif.
Par contre, la valeur symbolique d'utiliser des sac récupérable est importante, et c'est pour le symbole et pour l'aspect pratique de ne plus avoir une tonne de sacs de plastique en attente de devenir des sacs de poubelle que je suis bien contente d'avoir les sacs réutilisables.

Mais me sentir coupable de demander un sac de plastique, jamais! ;)

Capucine a dit...

Ma ville s'est lancée dans la gestion des résidus verts en instaurant le compost sur son territoire. Par contre, contrairement à l'IPE qui peut se servir de sac de plastique biodégradable pour recueillir les déchets de table, nous devons utiliser des sacs de papier (ou rien du tout mais gare aux vers blancs et nombreuses mouches!)

J'ai essayé plusieurs scénarios pour mes déchets de table et la solution qui me convient est d'utiliser une poubelle standard dans laquelle je mets un sac de papier d'épicerie, doublée de vieilles circulaires. Étrangement, mon épicier devrait me faire payer mes sacs de papier 5 sous le sac mais personne ne le fait. Mais on me dévisage quand je demande des sacs de papier. Je ne me gêne pas et je leur dit de ne pas me juger, que j'utilise mes sacs pour mon compost.

Même à 5 sous le sac de papier, j'économise sur les sacs qu'ils vendent chez Canadian Tire pour cet effet. Les moins chers sont 10 sous le sac et peuvent à peine contenir les résidus d'un ananas! Pas très pratique...

Cheap mais débrouillarde!

Mamounia a dit...

Capucine, tu dois habiter dans la même ville que moi ;-) Bonne idée les sacs d'épicerie en papier, mais je ne savais pas qu'on pouvait les utiliser? C'est ridicule de ne pas pouvoir utiliser les sacs compostables, j'espère que la ville va changer sa politique, en tout cas je vais me plaindre c'est sûr! Mais par contre, quelle belle initiative que ce ramassage hebdomadaire de compost!

Capucine a dit...

Mamounia: si on peut mettre du papier journal et des boîtes de pizza dans notre compost, je pense bien qu'on peut utiliser des sacs d'épicerie bruns. De toute façon, les sacs les plus cheap chez Canadian Tire sont en fait deux sacs de papier bruns superposés. Et tu sais comme moi qu'ils sont minuscules! En utilisant les sacs d'épicerie, je peux les remplir au 2/3 et bien fermer mon sac avant de le mettre dans le bio-bac.

Grande Dame: désolée de prendre ton espace pour parler compost!

Mamanbooh a dit...

Et quand il est question de viande ou de produits congelés, on fait quoi? On prends des sacs de plastiques pour ensuite le mettre dans nos sacs écolos?

J'aime aussi le sacs de papier brun, je le trouve pratique pour plein de choses dans la maison.

Mais comme vous, je me sens un peu flouée par certains commerçants qui s'en mettent plein les poches!

Mamounet a dit...

Bien d'accord avec vous. L'hypocrisie des épiciers me donnent de l'urticaire: "Par souci pour l'environnement, nous vous chargeons 5 cents le sac. L'avenir de nos enfants, et bla bla bla...".

Cela dit, j'utilise les sacs-écolos. Mais il n'est pas nécessaire de me remplir comme une valise avec vos soi-disants principes écolos, les épiciers!

maman a dit...

Ouais, ouais, parler, parler, il en restera toujours quelque chose.
Un sac bio-dégradable se vend 5 sous. Je trouve que c'est peu ... pour changer une habitude et être davantage responsable-consciencieux de notre environnement.

Et pour celà, je trouve les jeunes admirables, ils ont leur sac à dos. Ceux qui critiquent le plus font partie des gens qui refusent d'évoluer.

Ce qui est amusant parfois c'est de voir la moue ou la crise d'hystérie que des gens font.

Et puis si l'épicier charge 5 sous, pourquoi pas?

Disons qu'il se prend un profit de 2 sous. (j'ai pas vérifié les factures, ça représenterait une marge de 40%. C'est pas si terrible1! Car que vous le vouliez ou pas... peut-être que ceux qui ne vous le chargent pas ouvertement le font autrement, en augmentant le prix des denrées.

Donc, vous le payez quand même!

Les contentants de styrofoam sont en effet de la surcomsommation, mais avons-nous de meilleures idées pour les remplacer.

Il y a eu une très bonne émission récemment (semaine verte ou qq chose du genre) où on invitait un couple à faire leur épicerie régulière pour voir tout ce qui était suremballé. La semaine suivante, le couple repensait ses habitudes de consommation et réduisait de plus de la moitié les boîtes.

Un article paru dans le journal aujourd'hui - un couple de l'Oregon qui ont repensé leur stratégie pour acheter et en sont venus à n'utiliser qu'un sac de poubelle pour l'année complète.

Alors, c'est une invitation à tous vos charmants lecteurs chère Grande dame. IL FAUT COMMENCER PAR SOI-MÊME.

Et pourquoi pas faire en sorte lors des promotions scolaires de cibler des projets encouragants ces niches "écologie, recyclage, compost, semances"

C'est toujours un plaisir de vous lire!

Marie l'urbaine a dit...

Moi ce qui me chagrine, c'est qu'il y a des modes écolos - ex. maintenant, en effet, on se sent coupable si on n'a pas ses sacs réutilisables à l'épicerie. Tant mieux si un geste qui était marginal il y a qques années devienne courant, ce sera toujours bien un petit pas dans la bonne direction (sauf bien sûr que la récupération mercantiliste du geste est en effet scandaleuse, Grande dame); mais parfois on dirait que ces qques gestes ostracisés cachent des comportements inacceptables mais que personne ne remet en question ! Mon exemple ? La température arctique des épiceries l'été, a cause de la clim mais SURTOUT des grands frigos OUVERTS. à l'heure de l'efficacité énergétique, en 2010, je trouve cela aberrant !!! Qui dénonce ? Qui en parle ? Silence radio...