lundi, novembre 12, 2007

Le bonheur

Ces derniers jours, je cogite énormément sur le bonheur. Je connais la pensée qui dit que le bonheur n'est pas une destination à atteindre mais une façon de voyager.

J'ai déjà voyagé ainsi. Insouciante, libre, désinvolte, sagace, légère et heureuse. Je préparais le souper en dansant, j'étais agréable à côtoyer, je chantais, me comparais peu aux autres, jouais beaucoup avec les enfants, qui s'attroupaient autour de moi pour baigner dans ma joie de vivre. Très peu de facteurs pouvaient altérer mon bonheur. Peu importe ce que je faisais, où j'étais, avec qui j'étais et quels doutes m'habitaient, j'étais entièrement heureuse avec la fille que j'étais et je savais faire face à tout avec un inaltérable optimisme. Cette faculté, je la croyais à tort acquise.

À présent, mon bonheur est différent. Fragmenté. Mon bonheur n'est plus une ligne continue qui s'adapte à mes pas dansants, mais de petits fragments épars d'états pendant lesquels je me dis: "Là, dans ce moment présent, dans ce contexte particulier, avec cet état précis, je suis heureuse et je connais le délicieux goût du bonheur". Je ne fais alors pas que respirer et assumer, je vis.

Admirer certaines personnes est une chose. Admirer celle que l'on fut mais dont on n'arrive plus à retracer le splendide filtre de couleurs en est une autre.

16 commentaires:

Cricri a dit...

Tu verras, le bonheur c'est comme la bicyclette, lorsque tu reprends après avoir longtemps délaissé, il peut y avoir une période de déséquilibre et d'instabilité..mais après quelques temps c'est comme si tu n'avais jamais cessé d'en faire !

Ce Bref Réveil a dit...

Selon moi la meilleure façon d'être malheureux est de s'interroger sur le bonheur.
Par contre, je ne sais pas comment être heureux et reconnais l'avoir été seulement une fois que je ne le suis plus.

Méli a dit...

C'est complexe en effet le bonheur...

Une chose est sûre, il faut le savourer lorsqu'il passe...

xoxo

Grande Dame a dit...

Cricri, je suis en plein dedans.:-S

Ce bref réveil, je suis ainsi faite aussi. Triste, quand même, d'avoir du mal à reconnaître que cet instant, même tranquille, même sans éclat, puisse être catalogué dans le tiroir du bonheur.

Méli...je t'en souhaite des bordées!

Madame Unetelle a dit...

En vieillissant, tout devient trop sérieux. Il te manque peut-être juste un dîner de sushis entre copines et quelques bonnes bouteilles de vin pour l'accompagner! ;0)

Pierre-Yves a dit...

Probablement qu'elle n'avait pas de mérite. C'était un bonheur léger, simple, peut-être fragile en réalité. Le bonheur gagné à une saveur particulière.

Anonyme a dit...

je pense que le bonheur dont tu parles suppose une candeur et une innocence qu'on ne retrouve plus jamais avoir vécu une épreuve comme la perte de ton fils. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse plus être heureux...mais c'est différent voilà tout... Et c'est aussi un peu désolant même si on n'ose pas trop se l'admettre.

lily

souimi a dit...

Je pense comme Lily. Le bonheur n'est pas figé là. Il fluctue au rythme des expériences, des épreuves de la vie. Mais comme tu le dis, il s'agit de le saisir au vol et de garder dans sa mémoire les moments heureux. Et de s'y ressourcer lorsqu'on traverse des moments plus difficiles.

C'est mon avis.

maman a dit...

Le bonheur disait-ton, à l'époque, c'est un petit rien tout nu, bordé en bleu.

Parfois, dans l'angoissse d'un moment difficile, c'est juste de savourer qq minutes de répit intérieur, sentir la chaleur d'une pensée amie qui nous rejoint en pensées et qui nous réchauffe le coeur, et de voir que le ciel est encore bleu, que demain le soleil se lèvera au lever du jour. Après une bonne nuit de sommeil, tout est toujours beaucoup plus clair.

Rien n'est jamais acquis, il y a toujours qq chose à dépasser - c'est ce que dit ta grand-mère.

Et moi, je sais, pour t'avoir vu grandir que tu les comptais c'est petits bonheurs. "Maman, j'en ai eu huit bonheurs aujourd'hui." Ton anniversaire, les amis, les appels ...te souviens-tu?

Et comme ton fils qui se lève souvent, tu trouvais régulièrement une excuse...maman, j'en avais oublié un! (maman souriait intérieurement)

Donne à cette passionnée de la vie, un peu de temps pour elle, pour l'enfant intérieur qui crie au secours et sois compatissante avec toi, donne-lui de la tendresse et laisse-toi aimer..

As-tu entendu parler de ce livre "Les mots sont des fenêtres" (ou des murs) Marshall B. Rosenberg?

Grande Dame a dit...

J'essaie de me convaincre que même si la variété de bonheur qu'il m'arrive de goûter est différente du bonheur constant et pétillant connu jadis, je ne suis pas une escroc de tenter de me l'approprier comme un moment de bonheur à juste titre.

Je crois qu'en fait, je préfère le nommer ainsi plutôt que de déterminer que l'absence de bonheur continu signifie "être malheureux", ce que je serais bien triste de me résigner à accepter.

Bb a dit...

Faut parfois oublier ce qu'est l'état de bonheur pour le connaître à nouveau. Y a des hauts, y a des bas... Et à rester trop longtemps en altitude ça retombe parfois assez sèchement au sol.

On prend de l'altitude, on plane un peu, on redescend... on repart les moteurs. Parce qu'à toujours les garder ouvert on finit par les brûler.

Méli a dit...

Merci, t'es fine...

Je pense aussi qu'il faut savoir être indulgent envers soi-même, se donner le droit d'être heureux, car parfois, on dirait qu'on ne s'en donne pas le droit, parce que la vie est faite de souffrances et de joies et parfois, lorsqu'on souffre, on est trop dur envers soi, on n'ose pas avoir aussi de bons moments, alors que dans le fond, on y a droit aussi aux bons moments pour arriver à surmonter les difficiles... Take care chère dame... xoxo

La Patachou a dit...

Jacques Godbout écrivait dans "Salut Galrneau!" ...le bonheur c'est une mayonnaise; ça tourne sans qu'on sache pourquoi." Je trouve que c'est vrai et qu'il faut surtout profiter quand on a des beaux moments et savoir les savourer à plein. Trouver le positif tout le temps dans tout, ce n'est pas facile, mais il faut le faire, on appelle ça remplir son baquette.

Karim'Agine a dit...

J'ai l'image d'un petit canard sur l'eau. En dessous, il fait aller ses palmes...On avance, on en veut plus, on lâche pas!

Au dessus, le petit animal semble bien, ses efforts ne sont pas visibles et parfois même, les gouttes de bonheur lui glisse sur le dos sans trop qu'il n'ait eu le temps de s'en rendre compte, de le ressentir.

Ce n'était qu'une goutte comme les autres! Pourquoi lui accorder plus d'importance?

C'est ainsi que je vis ma vie depuis plus de 5 ans. Souffrante d'anxiété, j'ai développé un mécanisme de défence qui tempère toutes émotions, par peur.

Pourtant, j'en veux des gouttes de bonheur, j'ai envie de cette douce frénésie, de cette vivacité, de cette vitalité.

J'ai envie de me sentir en vie autrement que dans la souffrance.

Afin d'arriver à goutter à cette saveur du bonheur quotidiennement, je ferme les yeux et je respire à fond en prenant ma première gorgée de café, quand j'ai une pause au travail, quand je sors à l'extérieur et que j'entends les feuilles danser au gré du vent, quand un sourir m'est offert fratuitement, quand ma journée est terminée, quand je traverse le seuil de la porte de la maison...

On ne parle pas du grand bonheur, mais n'est-il pas impossible de le quantifier celui-là? Nous pouvons serte le qualifier, mais à quoi bon tomber dans la comparaison? Ce qui importe, c'est d'en vivre non?

Apprécier ce que l'on a et non ce que l'on veut. Autrement, on passe à côté du plus important le moment présent!

Grande Dame a dit...

Vous avez raison, savoir apprécier le bonheur quand il passe est un don.

Hélas, c'est souvent trop tard que je me rends compte que le bonheur est rusé, qu'il sait s'immiscer là où on ne le perçoit pas toujours...avant qu'il ne se dissipe.

Une femme libre a dit...

Le bonheur ce n'est pas grand chose

C'est du chagrin qui se repose

(Léo Ferré)