mercredi, novembre 28, 2007

Générosité

L'apprentissage du rapport des enfants à l'argent me charme. Ils questionnent, évaluent, relativisent. Combien coûte une maison? Une voiture? Une pizza? Un rendez-vous chez le dentiste? Un portable? Combien d'argent avons-nous? À combien s'élèvent nos dettes? Combien d'argent gagne Grand-Homme? Combien d'argent mon livre pourrait rapporter, allez, allez, dis un chiffre, juste pour nous donner une idée.

Depuis deux semaines, les garçons élaborent leur liste de cadeaux de Noël, découpent dans leurs magazines les cadeaux espérés, font des recherches sur Internet. Devant les innombrables items des listes, je leur répète quotidiennement qu'il ne faut pas entretenir trop d'attentes car les cadeaux seront très très petits cette année. Qui plus est, nous avons une dépense imprévue qui constitue la priorité.

Ils savent encore me surprendre. Coco trouva sous mon lit il y a quelques jours trois sous (mon amoureux et ses fuites!). Il alla s'informer à Grand-Homme s'il pouvait les garder.

Devant l'affirmative, sourire élastique aux lèvres, il vint me les offrir en espérant faire lui aussi sa part et m'apporter de ce fait un grand soulagement. Offerts avec tant de générosité, comment les refuser? Il fallut voir le pétillement dans le bleu clair de ses yeux pour comprendre sa fierté d'avoir contribué à éponger le déficit.

En plongeant la main dans la poche de mon jeans ce matin, je souris en tâtant mon nouveau porte-bonheur en pièces détachées.

Hier soir, ce fut Tout-Doux (fier d'être le plus riche de la gang) qui m'annonça avec désinvolture que je pouvais prendre le contenu de son compte en banque pour acheter des cadeaux à la fratrie en spécifiant que ce n'était pas grave si je ne le remboursais pas.

On a beau dire que les enfants sont exigeants, je les trouve surtout magnifiques dans leurs gestes et leurs intentions.

11 commentaires:

Gooba a dit...

En effet, j'ai beau détester Noël en tant que fête commerciale, n'empêche qu'elle donne souvent lieu à des situations comme celle que tu décris. Ma plus vieille, qui clame haut et fort qu'elle déteste ses deux frères (et elle le prouve bien dans ses gestes!), est en train de leur préparer des cadeaux pour Noël... :o)

Anonyme a dit...

wow, Tout-Doux est un exemple de générosité!!!
Félicitation à Grande dame!!!!
Patou

Anne-Lise Nadeau a dit...

C'est joli et généreux, tout ça. Mignon comme tout!

Et ta façon de le raconter est tout aussi belle. Tu écris vraiment bien!

kikou a dit...

Pourquoi viennent-ils si bien nous chercher, toucher et nous attendrir ses petits cocos d'amour...
La réponse est simple.. Ils ne comptent pas, ne calculent pas, agissent simplement et naturellement, offrant sans s'en rendre compte et avec tant de pureté le meilleur d'eux-même.

Quelle belle scène de bonheur de vie tu nous livres!

J'ai encore de grosses larmes d'éléphant sur les joues...

maman a dit...

L'enfant apprend par l'exemple...

Encore tout frais à ma mémoire, une période similaire où à peine qq jours avant Noêl, la maman avait le coeur lourd à l'approche de ces jours.

Une petite grand dame, déjà en voie de grandir, avait 4 ou 5 ans et son frère 6 ans.

Tout deux se sont mis à insister, insister pour que je déballe mes cadeaux...mais non, c'est à Noêl. Ils insistèrent tant que je les déballai.

Le fils offrit un dollar tout plié, une larme coula. Je dis "Mais non, ce sont vos sous. "T'as pas beaucoup de sous maman répliqua le fils." Sa soeur avait enveloppé son petit paquet: trois sous noirs. Une deuxième larme...

La maman dit "Mais non, ce sont vos sous..."

La petite, je la revois encore bien campée, les mains sur les hanches répliqua: "Tu peux bien parler, tu passes ton temps à donner, et t'en as pas de sous. C'est à ton tour."

Humblement, je dois avouer que ce fût une des plus belles leçons de ma vie.

Alors, je me réjouis de voir que tes enfants veulent participer. Ils redonnent ce que tu leur donnes.

Et c'est probablement le plus beau cadeau qu'ils offrent. La preuve, je n'ai jamais oublié ce moment.

xx

Anne-Lise Nadeau a dit...

Oh lala! Ces messages viennent me chercher!

J'ai les larmes aux yeux! Ça y est!

Annie a dit...

J'ai l'motton.

Surtout suite au message de maman.
:-)

Mijo a dit...

Tiens, des gouttes de pluie dans les yeux.

Solange a dit...

Très touchant.Vous avez pratiqué ce qu'on appelle prêcher par l'exemple.Félicitation.

La Fêlée a dit...

Que j'aimerais retrouver ce sens du partage, la solidarité chez Puce et Fils. Nous sommes une famille recomposées, nos deux enfants sont tous deux enfants uniques et enfants roi. Ce que nous voyons chez eux nous désole un peu, souvent je me demande ou est-ce que j'ai manqué mon coup quand je suis témoin de leur mesquinerie respective. C'est pas faute d'avoir essayé, mais je pense que les gardes partagées n'aident pas, et peut être même qu'on essaye trop, ou pas de la bonne façon.
Je suis heureuse de te lire, de voir que ça existe encore chez cette génération. Ça me réconcilie un peu avec la vie ce matin. Merci.

Grande Dame a dit...

La fêlée, attention, les jeunes hommes sous mon toit savent aussi faire preuve d'une ingénieuse mesquinerie. Cependant, je crois qu'il est réaliste espérer que cette tendance n'affecte pas leur solidarité future.

D'ailleurs, c'est souvent à l'extérieur de la maison qu'ils démontrent qu'ils savent s'appuyer. Pour en avoir conscience, il faut écouter les profs, les parents des amis, les éducatrices du service de garde parler.

Eux les voient sous un tout autre angle. :) Les vôtres ne sont pas irrécupérables, ils sont peut-être juste plus discret? ;)