jeudi, août 20, 2009

Stéréotype ou réalité?

Lorsque le besoin pressant de s’enfermer dans une bulle se fait sentir, l’homme s’isole devant un jeu d’ordinateur (ou dans son atelier, ou dans son garage) en se soustrayant au bruit et à l’activité autour. Il accumule malgré lui tout autour l’auditoire dont il cherche justement à s’isoler. Ce dernier observera ses stratégies, le conseillera sur ce qu’il devrait faire, ce qu’il aurait pu ou dû éviter. Les commentaires stériles de l’auditoire se percuteront sur la bulle protectrice de l’ermite.

La femme sent elle aussi ce besoin. Cependant, peu importe la manière dont elle choisit de s’isoler (flâner sur FB, lire dans sa chambre, pianoter), le même auditoire débarquera, pénètrera sa bulle rendue perméable par la culpabilité et désamorcera le moment de tranquillité souhaité.

Le manque de sommeil est commun chez les parents de jeunes enfants. Chez l’homme, cela se manifestera par : je suis fatigué donc naturellement je prolonge mon sommeil le matin en dépit des bruits ambiants (mais de quels bruits parle-t-on?).

Chez la femme, en dépit de la fatigue accumulée, cela se manifestera par un lever obligé vu le bébé bulldozer qui la piétine et/ou monopolise sa chair maternelle, les enfants plus âgés venant livrer l’inventaire de ce qui manque au frigo et/ou rapporter et/ou demander des permissions spéciales et/ou par un petit garçon venu se greffer à son espace vital durant la nuit.

Qu’on ne s’y méprenne pas : même s’il est convenu avec tous que la femme dort (et que l’homme se trouve donc disponible pour répondre aux besoins des enfants), il se trouvera toujours un enfant pour se faufiler jusqu’auprès de la mère endormie pour revendiquer quelque chose de précis qu’apparemment, l’homme ne peut offrir.

Les parents ont parfois besoin de se couper individuellement de la famille. L’homme, par exemple, peut décider d’aller souper avec son clan familial ou d’aller au cinéma seul. Parce qu’il connaît son amoureuse, il tentera de le faire à un moment où le capital patience de celle-ci ne met pas le pays en état d'alerte.

La femme rêve de ces moments d’évasion. Lorsqu'elle se décidera enfin à bouger, elle considérera les besoins de sa famille pour alléger la charge de travail de l’homme durant son absence. Par exemple, si elle décide d’aller souper avec une amie, elle aura prévu le repas du reste de la famille par bienveillance naturelle.

Il arrive que les parents aient besoin d’exécuter du travail depuis la maison. Pour ce faire, l’homme fait ce que doit : il s’installe, s’isole mentalement et travaille. La maison est bordélique? Et alors? Cela n’a jamais empêché la Terre de tourner. Il travaille, point. À la fin de la journée, il est heureux, satisfait du travail accompli, valorisé par son efficacité.

La mère sait bien que trop à quel point elle a du retard à rattraper. Elle voudrait s’installer pour travailler mais se sent incapable de le faire dans un environnement surchargé de tâches en suspens. Elle couche le bébé pour sa sieste, espérant profiter de ce temps pour travailler efficacement.

Elle s’installe, mais voit le panier à linge déborder. Elle pense aux enfants qui se plaignaient de manquer de vêtements le matin, pense à la viande qu’il faudrait mariner pour le souper, au comptoir encore encombré de la vaisselle du déjeuner et des casseroles de la veille qui trempent, au chat qui n’a pas été nourri, à la piscine à chlorer, à la prescription du bébé à renouveler, aux serviettes mouillées qui traînent sur le plancher de la salle de bain, au plancher qui n’a pas été balayé, aux jouets éparpillés partout. À chaque tâche qu’elle exécute pour dégager son environnement de travail, une autre apparaît avec évidence.

Au moment où l’environnement est satisfaisant et lui permettrait d’abattre le boulot intellectuel, bébé se réveille. À la fin de la journée, elle est amère des inégalités dans la façon de faire homme/femme, par son improductivité, aigrie parce que du boulot domestique accompli, plus rien ne subsiste. Elle se sent inefficace parce que son travail n'a pas avancé d'un iota.

Elle se rabat alors sur la seule issue acceptable : la distance physique comme dans partir avec son portable travailler au café.

Au moment où les enfants la voient quitter sac à l’épaule… « Moi aussi je veux y aller!!! »

Avec les plus jeunes, c’est toujours un risque : ou ils sont angéliques et elle se targue d’avoir les meilleurs enfants du monde, ou l’heure et demie passée au café s’avère un épisode épuisant de gestion infantile.

Lors de ces moments où la femme décide d’aller travailler à l’extérieur de la maison et de trimballer naïvement (ou stupidement) la moitié la moins autonome de la gang, elle rentre à la maison amère de son inefficacité et doublement amère d’avoir offert sur un plateau d’argent à l’homme la tranquillité qu’elle espérait enfin pour elle-même (ne cherchez même pas à comprendre!)

Une sortie est prévue en famille. L'homme prend son temps à se lever, se préparer, déjeuner.

La femme est réveillée depuis un moment, s'organise pour laisser la maison dans un état acceptable, fait déjeuner les enfants, les prépare, prévoit couches et quelques effets à emporter. L'homme vient de terminer de se préparer sans stress, rejoint le reste de la famille et regarde sa douce et questionne: "Quoi? T'es pas encore habillée?" La femme le fusille du regard.

La chaleur est suffocante. L’homme a besoin d’un rafraîchissement. Pour ce faire, il file en douce de la maison et s’immisce dans la piscine pour jouir du calme à lui tout seul. Exit les bombes des enfants, les cris, l’excitation, le chaos. L’homme relaaaxe.

La femme est accablée par la chaleur. Il y a déjà un moment que les enfants la harcèlent pour se baigner : ils ont chaud. Elle aimerait bien imiter l’homme et profiter d’un moment à elle, calme, seule dans l’eau. Au moment où elle se décide à y aller, elle songe à ses petiots. La chaleur est si accablante, ils attendent ce moment avec impatience. Le bébé aussi a chaud. Et puis il y a le jeune homme qui refuse de se baigner s’il n’est pas dans les bras de maman. Bon. Rafraîchissons tout le monde tant qu’à faire.

Voilà les enfants heureux, les bombes fusent autant que les cris de joie, splish par-ci, splash par-là. La femme ne relaxe pas mais au moins, les bras pleins de bébés, au milieu de la piscine, tout le monde est rafraîchi.

Des courses à faire? L’homme se porte toujours volontaire. Les courses sont un moment d’évasion, de tranquillité, de solitude. Les courses joignent l'utile à l'agréable.

La femme déteste faire des courses mais l’idée de la solitude est parfois appétissante en soirée. Un peu de rouge à lèvres, un sac sur l’épaule et oh! Alerte générale, maman s’en va! La maisonnée est alarmée. Ça y est, les demandes pullulent pour l’accompagner et son coeur soupire de rejeter la marmaille pour le plaisir égoïste de pouvoir déambuler seule dans les allées d’une pharmacie sans répondre à qui que ce soit de reposer ça sur la tablette, pour pouvoir acheter du chocolat et le déguster sans devoir le partager, pour pouvoir ouvrir une seule portière de voiture pour se rendre à destination.

Dix heures le soir. L’homme ouvre l’armoire, constate qu’il ne reste pas grand-chose pour déjeuner. S’il manque de pain, soupir, il ira en acheter. S’il s’agit de lait, il soupirera et en informera la femme. Dépendamment de la grosseur du soupir, il ira (ou pas) en acheter. S’il ne reste qu’un fond de Nutella, il taira la chose et cachera le pot au fond d’une armoire secrète pour être certain que personne ne le lui volera.

Dix heures le soir. La femme ouvre les armoires, constate qu’il manque de quoi se mettre sous la dent au matin. Elle soupire, pense à ses enfants et sort ce qu’il faut pour préparer des muffins pour le lendemain.

***

Je suis pathétique de même. Si j'allais à l'église, je m'en confesserais.

Je voudrais savoir être homme dans ma façon de m’isoler, savoir laisser mes enfants derrière sans stress, savoir me soustraire à tout besoin autres que les miens pour me concentrer sur ce qui m’anime, savoir ne pas entendre les demandes, savoir m’immuniser contre la culpabilité, savoir quitter et revenir deux heures, trois heures plus tard que l’heure prévue, savoir partir sans cellulaire pour me rejoindre si jamais une catastrophe survient durant mon absence, savoir ne pas m’ennuyer de mes bébés après une heure, savoir lâcher prise, savoir oublier qu’une famille existe autour de moi, savoir me concentrer comme je le faisais durant mes études, savoir être cruelle dans mes refus, manquements et lacunes, je voudrais savoir focusser dans le plus bruyant des contextes, dans le plus désespérant des bordels, je voudrais savoir établir parfois mes priorités en fonction de mes besoins non de ceux de la famille, je voudrais posséder certaines compétences essentiellement masculines, je voudrais savoir me détacher complètement de tout ce et ceux qui m'importent tant pour pouvoir exister autrement, pour pouvoir goûter une autre sorte de satisfaction.

Je suis pathétique de même, je ne sais pas faire ça.

24 commentaires:

Méli a dit...

Ah, il y a tellement de vrai dans votre billet...

Même si je ne le vis pas vraiment car je n'ai qu'une enfant et qu'elle est pas mal autonome déjà... mais je vois très, très bien le portrait...

LaReineChocolat a dit...

Amen!!!!

Belle D'Ivory a dit...

tellement mais tellement vrai

Karim'Agine a dit...

Voilà...la femme PENSE!!! Même s'il devient parfois lourd de penser autant elle ne peut faire autrement.
Elle tisse elle-même cette toile de l'irremplassabilité sous ses pieds dès la naissance de premier bébé. La femme voit à tout pour poupon. L'homme s'en accomode un peu maladroit. C'est innée chez la femme de voir à tout pour tous! instinct maternel...

L'homme ne pensera pas à la petite crème solaire, aux petits sacs pour le biberon, à la petite suce de l'autre, au petit manteau au cas où...
Et si on le laissait voir à tout!!!
Tout serait bien différent, certe, il y arriverait, certe, cela ne serait juste pas parfait comme si c'était NOUS qui l'avions fait. Et alors?

Et si on essayait? Serions-nous plus exténuées à aller contre nature, à stressée, à tenter de lui faire penser à ceci et celà???

Tania a dit...

Je constate que la maman a besoin de vacances, psychologiques cette fois ;o)
Ça vient peut-être du fait que dans la plupart des espèces animales, il n'y a que la mère qui s'occupe des petits, le père est "looooong gone" ;o) Nos hommes quand même assez loin des manchots empereurs, pères célibataires pendant de longs mois ;o) Je n'enlève rien aux pères célibataires, mais tout de même, c'est bien évident que les femmes ont le gêne "maternant" ;o)

mysty_36 a dit...

Votre billet decrit tellement une realite qui m'est familiere... sommes-nous des GERMAINE?? nous rendons-nous irremplacables pour ensuite nous plaindre de cette trop grande place?? peu importe... le resultat etant: l'homme apprecie le moment present, la maisonnee survit agreablement et nous pendant ce temps risquons de passer a cote de moments qui pourraient etre reconfortants et/ou non traumatisants... triste n'est-ce pas... mais comment reels. A force de vouloir faire le bien tout le temps et bien nous manquons de temps pour apprecier le moment present... :o((

ClaudeL a dit...

J'ajoute que l'homme n'aurait pas écrit le quart du début de la première phrase, Il n'y aurait même pas pensé.

Michèle a dit...

Pathétique ? Non. Saine, normale.

On m'a un jour conseillée, et j'ai appliqué le concept avec un certain succès. Celui des rendez-vous avec soi-même dans l'agenda.

Quand je travaillais 4 jours, c'était le vendredi : Petits à la garderie et l'école, c'était mon "princess day".

Maintenant, c'est deux soirée dans la semaine(je prends des cours, je vais au gym) et un après-midi par week-end (je fais ce que je veux selon l'envie du moment). Environ 7 heures par semaine, sur les 168 disponibles.

C'est même pas du luxe. Non seulement c'est un droit, mais aussi un devoir, pour mon équilibre.

Anonyme a dit...

Comme dirait mon ado: ici c'est copié-collé.
Même chose ici, malgré notre décennie de différence Grande Dame. Étonnant ou naturel, puisque nous avons toutes deux une nombreuse progéniture...Aléas d'une grande famille, métier de mère judéo-chrétienne, stéréotypé et si peu reconnu, ou «normalité» de l'âme féminine lorsqu'elle est aimante?

Car dans ce don passionné de soi, il y a l'amour et la notion de perfectionnisme. Élever une «trâlée» enfants si différents, c'est une job à temps plein, tu es perfectionniste dans ton travail, pourquoi ne le serais-tu pas encore plus lorsqu'il s'agit du bien-être de la chair de ta chair?
Mais pourquoi les pères, en général, prennent-ils cela différemment? Parce qu'ils sont différents, parce que ce serait étouffant si les deux parents éduquaient de la même façon, parce que notre attitude féminine globale permet leur attitude masculine focusée et non-culpabilisée, parce que lorsque nous maternons ils ont le poid de la survie familiale? Je ne sais pas, un peu de tout cela sans doute... Assaisonné des millénaires de survie humaine basée sur des comportements sociaux hommes/femmes très distincts.

Moi aussi j'aimerais bien savoir m'isoler et me reposer avec tant de ce naturel qui ignore la culpabilité. Mais saurais-je accepter cette distance avec mes enfants, le désordre ou le sentiment de ne pas donner le meilleur... Sans doute pas.

Bien sûr en viellissant les enfants sont moins demandant, on retrouve de l'espace vital, du temps pour lire (même des romans!), pour des cours ou un travail qui demande de l'investissement. Il y a d'ailleurs bien des femmes qui conjuguent tout cela avec talent, mais en général, elles n'ont pas six ou sept enfants!


Les épiceries ferment tard maintenant. Moi j'y vais souvent seule vers 9 hre. En prime j'ai eu le temps de vérifier pour les déjeuners et lunchs (bien moins chiant que de devoir y retourner alors qu'on est en pijama ou endormie le matin !) Et je flâne, ça détend d'être seule... Mais je suis sûre que je ne t'apprends rien!

Question indiscrète: Bébé Béatrice ira-t-elle bientôt à la garderie de temps en temps? Dans ton questionnement j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de la période bébé-allaité-collé, souviens-toi, ça passe vite!

Retrouves-toi des temps juste à toi, tu n'en seras que plus détendue, heureuse et... efficace en prime!

Amitié

France

small mama a dit...

AS-t-on déjà pensé que les hommes ne se soucient de rien car nous le faisons à leur place??
Souvent je me dis que mon homme ne stresse pas avec toutes ces petites choses car il sait pertinament que je vais y voir!
Pourquoi se stresser à préparer une sortie avec bébé si maman pense systématiquement à tout?

La Belle a dit...

Tellement vrai ! Mais en même temps ici ça se vit un peu différamment car j'en parle à mon chum de mes petites insatifactions ainsi, depuis que je suis enceinte, le matin il se lève avec petit Ange permettant ainsi à maman de se reposer plus longtemps le matin !

On prends tout sur nos épaules alors qu'on pourrait en partager un peu avec l'autre ! Il est un parent lui aussi ;-)

Je vous souhaite de prendre plus de moment à vous seule afin de profiter de la solitude dont vous semblez avoir besoin.

Anonyme a dit...

Malheureusement c'est la réalité de beaucoup de maman.surement encore plus avec tant d'enfants. mais c'est surement difficile mais un super cadeau que tu fais a ta famille. tu ne regretteras jamais de tout ton amour donné qui te reviendra un jour. On m'a conseillé de profiter des moments tranquilles: plier le linge, faire les courses, passer la balayeuse!!!! mais je ne peux plus m'y satisfaire apres 12 mois de fusion avec mon bébé et mes 2 autres enfants. Je vis beaucoup de ce que tu écris et trouve cela difficile. je tente de pratiquer la facon "homme"et tente de faire confiance a mon homme. Le laisser seul avec 2 de ses 3 petites filles. c'est pas facile pour nous deux. Je dois malheureusement vivre avec le sentiment d'etre egoîste/ me sentir coupable. mais il est autant capable que moi! mais avec le temps ca devrait bien devenir naturel. après 12 mois, j'ai besoin de prendre du temps pour moi. mais rappelle-toi que ce n'est qu'une période. une periode qu'on oublie...tu l'as vécu plusieurs fois auparavant. merci pour ton message. c'est tellement nourrissant de se trouver des similarités. merci

une amie de votre mère a dit...

Ma chère Grande Dame,

Vous étiez bien petite lorsque votre maman s'est divorcée. Elle m'en a parlé.

Celle-ci avait au départ bien peu de ressources, autant financièrement qu'autrement, parce qu'elle était seule. Et elle ne pouvait compter que sur elle-même - ce qui toutefois avait parfois certains avantages; mais n'exagérons pas - elle n'attendait après personne. Elle devait se débrouiller.

Toutefois, avec le temps et les expériences - elle a compris qu'il était plus intelligent de partir seule manger son hot dog et sa frite pour un deux-trois heures et de payer une gardienne --QUE D'AMENER LES ENFANTS QUI APRES 20 MINUTES VEULENT JUSTE JOUER - CE QUI EST TOUT A FAIT NORMAL! Et ça coûtait pas plus cher que d'amener les 2 enfants au resto. Elle pouvait lire son journal, prendre son café et revenir avec un petit surplus d'énergie à redonner à ses deux adorables enfants qui dormaient alors. Ils étaient devenus des anges!

Grande-dame vous êtes une maman-poule et je crois que vous ne savez pas toujours dire "NON". Vrai?

Sans doute est-ce du à votre trop grand coeur et votre grande délicatesse.

Tout vient avec la pratique. Et vous avez l'opportunité de déléguer à ce bel homme qui n'est pas dépourvu de moyens. Laissez-lui la chance de montrer ce qu'il peut faire. Et je vous en prie, partez seule deux heures, et laissez une bouteille de lait au papa. Ce sera bon pour toute la famille et ce sera pour lui un moment pour jouer avec les petits trésors!


Je vous encourage fortement à vous pratiquer tout d'abord avec le chat
-- faites le patienter pour son repas; ensuite apprenez au petit roi la patience; les chicances entre enfant ...demandez-leur ce qu'ils peuvent faire pour les régler.

L'année scolaire débute c'est le temps de planifer le temps que vous méritez et que vous n'osez pas vous donner.

Bien sûr, on comprend. Mais ce respect de vous-même, il débutera le jour oû vous déciderez que vous vous choisissez.

Et rappelez-vous, maintenant vous comprenez...le petit café que votre mère prenait quand elle en pouvait plus... vous a t-elle moins aimé?

Une femme libre a dit...

Quand je travaillais comme prof, on pouvait travailler à quatre-vingt pour cent de notre salaire pendant quatre ans et ensuite avoir une année de congé. Je l'ai fait. Sans le dire à personne. Le matin, je conduisais les quatre enfants à la garderie et à l'école et je rentrais à la maison. J'organisais alors ma journée POUR MOI et À MOI. Tout le monde me croyait au travail, ma mère y compris. Comme je ne devais pas être là, je ne faisais évidemment ni ménage ni cuisine, pour ne pas éveiller les soupçons. Ce furent des jours bénis.

Anonyme a dit...

VIOLENCES+VOL :
Ceci est une tentative de gros scandale public bien gênant tant j'ai dû mal à trouver un avocat malgré mes efforts, afin de régler ce problème de non respect de mes droits les plus élémentaires, ce que je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis donc en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat - difficile à trouver pour un simple citoyen mais on insiste - pour mises sous surveillance illégales, lynchage numérique inspiré de bonnes vieilles méthodes qui ne déplairaient pas au ku klux klan, lynchage qui n'a mobilisé personne sur le web ou dans la presse, actes de violence et pressions à mon égard et plagiat, par une grosse pétasse, vulgaire et ridicule et qui passe à la télé, " comme si de rien n'était ", de mes petits textes web.

Quant a sarkozy, s'il n'aime pas le web, et s'il n'aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu'il la quitte !

PS- Bien évidemment, s'il s'agit de calomnies, il ne faut surtout pas hésiter à porter plainte en retour.
BLOG ETC - nina

Pur bonheur a dit...

C'est vrai qu'il ne faut pas sur-estimé nos forces, pour arriver à en voir le bout et avoir besoin de 6 mois de vacances. Vacances qui seront impossibles à prendre en plus.
Si vous attendez d'être au bout il sera trop tard.
Accordez vous des pauses, vous les méritez bien plus que quiconque. Faites le sans culpabilité surtout!

La Mère Michèle a dit...

J'ai lu les premières phrases et poussé un cri! L'Homme m'a entendue! Il l'aura voulu, je lui ai lu le texte entier en mettant de l'emphase aux moments forts!

Discussions à venir ici ;o))

Mme Cornue a dit...

une seule chose a demander : comment fais-tu???

J'étouffais juste à te lire, sérieusement, je serais incapable de ton don de soi.

Bravo! Je te souhaite tout de même d'arriver à te déculpabiliser un brin hein ;)

Nanou La Terre a dit...

Ouf...Grande Dame...
Apprendre à te respecter et te faire respecter des autres, y compris la gent masculine.
Ne pas attendre d'être rendue dans le fond de la chaudière car la pente risque d'être beaucoup plus difficile à remonter.

Joan Durand a dit...

Je me reconnais un peu. Un peu trop. J'ai lu quelque part que la culpabilité est un péché d'orgueil commis par celui ou celle qui pense pouvoir faire le bonheur des autres. Je repense à cette lecture quand je me sens trop coupable, et ça m'aide. Ça m'a aidée aussi de lire votre texte. Dans la soirée, j'ai réussi à dire "non" à toutes les demandes "familiales" pour aller lire toute seule, et ça m'a fait un bien fou. Quand je me sens vraiment trop coupable, j'essaie de me dire que je rends service à mes enfants en gardant leur maman "heureuse" et en forme. Je n'y arrive pas chaque jour, mais j'y travaille...

Grande Dame a dit...

L'idée que si l'homme ne prend pas suffisamment d'initiatives, c'est que la femme en prend trop, j'y adhère à moitié.

Je crois (observation empirique) que l'homme est contraint à prendre des initiatives lorsque sa personne est lésée par une inaction (volontaire ou pas) de la femme. Le bouton d'alerte "lavage", par exemple, ne s'allumera que si lui-même ne sait pas quoi porter un matin.

Renoncer à prendre certaines initiatives pour inciter l'homme à agir, d'accord en théorie mais en pratique ce n'est pas réaliste et c'est souvent la famille au complet qui paie pour les négligences.

Je crois que c'est dans la responsabilisation des garçons dès l'enfance que ça peut faire une différence.

Anonyme a dit...

Oh que ça ressemble à chez nous!

Il faudrait vraiment apprendre à penser plus à nous.

Matty

Anonyme a dit...

On dirait que c'est moi qui parle... ça soulage de voir que je ne suis pas seule, mais en même temps, c'est d'une tristesse...

Anne-Lune a dit...

Ouf! Quel beau billet!

Je n'ai cependant pas le courage de lire les 23 précédents commentaires. Oui. Je suis pathétique de même!

Je comprends tellement ton sentiment! Je travaille justement à cela. Et je t'assure, je savoure mes victoires!

Au début, je culpabilise un peu. Hon. J'ai laissé mon chum avec les trois plus jeunes. Hon. Je lui ai laissé les cinq! Puis, après, j'allume la radio dans la voiture. Je mets mes lunettes fumées et... CARPE DIEM! Je respiiiiiire et savoure l'instant où je n'entends personne se chicaner et où je n'entends pas de "Mamannnnnn!"

Je te souhaite d'apprendre toi aussi à lâcher prise. Tu vas être gagnante à tous les points, car par la suite, tu seras encore plus heureuse de passer du temps avec ta marmaille!

Bisous à toi!