jeudi, juillet 23, 2009

Italie: coups de coeur et défis

La dernière (et première) fois que nous sommes partis en voyage avec les enfants, c’était destination Cuba dans un tout-inclus avec deux mamies + un papi + une tante, donc ratio de 1/1 pour nos six enfants. Facile!

Cette fois, l’aventure était quelque peu différente même si le ratio était le même.

Vous êtes plusieurs à avoir suggéré dans mes billets d’angoisse de voyage qu’une fois à la maison, la perspective avec laquelle je regarderais notre aventure serait différente puisque le stress se serait envolé.

Voici ce que je retiens de ce beau voyage.


Coups de coeur :

-Se déplacer à pied dans une ville comme Venise, en absorber l’âme, marcher dans des ruelles loin des masses touristiques, s’émerveiller devant la capacité d’adaptation d’une ville si particulière (bateaux-taxis, bateaux-ambulances, bateaux de la poste, méthodes de construction des bâtiments, multitude de petits ponts pour relier les nombreuses îles, etc.). Idem dans le coeur de Bolzano ou à Rome.

-Le train comme moyen de transport (et pour impressionner Frédéric toujours intéressé par la couleur du train ou du bus que nous allions prendre)

-Se déstabiliser l’esprit en regardant des écriteaux auxquels on ne comprend rien (tant qu’on n’est pas en voiture…).

-Mon écharpe pour transporter Béatrice bien lovée contre moi ou agitant les jambes de bonheur.

-Les stations service en Italie qui sont directement sur les voies de service de l’autoroute

-À Rome, prendre un circuit touristique pour gagner du temps (un seul circuit pour une dizaine d’attractions touristiques) de déplacement tout en admirant la ville et profitant du service d’audioguide (Fred a adoré ce bus à deux étages et sans toit) et l’exploiter comme il se doit.

-Magasiner dans les épiceries locales et s’amuser des différences avec notre façon de consommer. Aussi, en Italie, le client pèse lui-même ses fruits et ses légumes (comme dans certains magasins d’aliments naturels au Québec). L'eau "frizzante" est très populaire. J’ai été étonnée de la grandeur des étalages de Nutella, je me suis désolée de ne pas trouver de beurre de peanut (je suis accro) et en voyant les emballages d’œufs Kinder Surprise dans un genre de plastique pré-moulé, j’en suis venue à la conclusion que nos emballages nord-américains de papier aluminium n’étaient pas adaptés à la chaleur italienne.

-S'amuser en observant les petits détails du quotidien qui rendent votre enfant heureux comme appuyer sur le bouton de l'ascenseur ou nous expliquer (et nous ré-expliquer à chaque nouvelle chambre d'hôtel) à quoi sert un bidet (et insister pour que nous l'utilisions).

-Les vitrines de souliers tous plus magnifiques et originaux les uns que les autres qui vous font de l’œil. Pouvez-vous croire que je n’ai pas eu le temps d’en acheter une seule? :o(

-Le nombre démesuré de boutiques de souvenirs est idéal pour comparer…et peaufiner vos méthodes de négociation. C'est ainsi que nous avons épargné 45 euros sur le glaive tant espéré par Fils Aîné.

-Le nord de l’Italie. Mille fois coup de coeur. J’y aurais séjourné plusieurs jours de plus pour en profiter davantage. Les paysages, les gens, la beauté et la propreté des lieux, le climat social très sain, l’organisation des villes, la cocasserie de devoir se débrouiller avec la langue, l’espace, les téléphériques pour accéder aux panoramas pittoresques, la courtoisie des gens. J’ai déjà dit que c’était ma partie préférée du voyage?

-La conduite sur l’autoroute à 150 km/h. On prend goût à la vitesse et au non-tataouinage sur les routes.

-Avoir un début d’allée en avion et en prime, un lit suspendu pour bébé.

-Rencontrer de bons samaritains.

-La Toscane, magnifique avec ses oliviers qui n’en finissent pas, ses fenêtres fleuries, ses arbres fruitiers, ses vieux italiens typiques qui ne parlent pas un mot de français ou d’anglais mais qui vous baragouinent en italien avec la meilleure volonté du monde le trajet que vous devez prendre pour retracer votre chemin.

-Parler sur msn avec ses grands enfants demeurés à la maison et se réjouir d’entendre leur voix et/ou de recevoir des courriels d’eux (beaucoup de rapportage mais bon, ça fait sourire de savoir qu’à 7000 kilomètres de la maison, on a encore vent de ce qui a irrité ses marmots. Ça rapproche de leur essence, nous aide à tenir bon...un must pour une maman accro de ses marmots comme moi...)

-Les châteaux pittoresques, les traces d’histoire qui émeuvent

-L’air climatisé en voiture et dans les chambres d’hôtel (un must).

-Les Dolomites, majestueuses et impressionnantes

-Les Cinque-Terre et ses paysages, ses hauteurs, le défi que cela représente, la satisfaction qui vient au bout

-Être demeurée six jours au même endroit (pour prendre le temps de relaxer le soir venu, pour apprivoiser les environs et y prendre de l’assurance, pour un peu de stabilité, pour prendre le temps de ranger nos vêtements dans les armoires, pour avoir l’impression de mieux s’imprégner d’une région)

-Les haltes dans les parcs pour enfants et y voir le nôtre heureux de faire enfin quelque chose de ludique.

-Le musée du Vatican et surtout, surtout, la chapelle Sixtine.

-L’auto-dérision, l’ironie, les fous rires et les high d’adrénaline

-L’émotion devant la beauté

-Prendre le temps de s’arrêter dans les Dolomites pour discuter avec vaches et alpagas

-Reconnaître un accent québécois sur une terrasse et tenter d'en repérer visuellement le propriétaire



Défis :

-Le décalage horaire (ma première expérience), que les enfants et moi avons mis près de quatre jours à encaisser (ce qui est bien c’est que depuis notre retour, je suis devenue ce que j’ai toujours rêvé être : une fille matinale)

-Choisir un bon vin dans une épicerie italienne. Au Québec, un vin d’épicerie fait d’emblée vilaine figure. Les Italiens ont la réputation de boire plus que mieux. Il existe d’excellents vins italiens mais sans conseillers en épicerie, on les distingue comment? Au prix? À la région? Essais-erreurs?

-La sollicitation est exécrable à Rome. Le nombre de vendeurs itinérants qui vous harcèlent pour vous vendre nombre de cossins inutiles est carrément envahissant.

-Finir de casser une nouvelle paire de sandales en voyage : très mauvaise idée.

-L’absence quasi universelle de chaises hautes dans les restaurants. J’ai pris, en 15 jours (excluant la Toscane pour les repas du soir), un seul repas les bras libres de bébé parce que le resto avait une chaise haute (pas sécuritaire pour une cenne mais quand même, UNE CHAISE HAUTE! Quel bonheur de pouvoir manger sans bébé qui tire sur la nappe (et les ustensiles, et la vaisselle, et les serviettes de tables, et le panier à pain, et…))

-Boucler ses valises sans avoir au préalable vérifié le nombre de vêtements inutiles que votre amoureux/euse a jugé bon apporté et qui vous alourdit : mauvaise idée. Ça peut sembler ingérant ou infantilisant mais la pertinence, ça se discute. Nous aurions pu éviter quelques kilos en discutant « bagages » (je suis encore étonnée que mon homme ait pu estimer avoir besoin de QUATRE paires de pantalons et presque autant de paires de chaussures dans un pays où il a rarement fait moins de trente degrés…)

-La conduite italienne sur les routes étroites et sinueuses (quoique je pense y avoir pris goût), mais pire encore : la conduite italienne sur les routes pavées médiévales qui montent en tournant et en devenant de plus en plus étroites.

-À Rome, la crainte constante des larcins.

-La crainte de perdre Frédéric. À Rome, dans l’église Santa Maria Sopra Minerva, il s’est soudainement mis à courir vers la sortie. Emplie de panique, je me suis mise à courir après lui avec l’envie folle de lui hurler de s’arrêter sur le champ mais comme on était dans une église, je me suis pliée à l’usage en étouffant mes mots. Lui, en me voyant courir derrière, courait de plus bel en riant aux éclats. Une envie irrépressible (quand même…) de scander des mots sacrés me triturait violemment de l’intérieur. Je maîtrisais mes pulsions maternelles qui me dictaient de l’engueuler en pestant contre le ridicule de la situation. C’est aussitôt le pas de la porte franchi que Frédéric eut droit à un (énième) sermon (!) sur la p-r-o-x-i-m-i-t-é.

-Manquer d’argent liquide.

-Être accueillis par mes enfants et nos parents à l'aéroport.

-Être séparée de son homme dans l’avion (et gérer le survoltage de l’enfant 1 de 2 avec la patience à zéro).

-La chaleur intense et ce qui en découle (litres d’eau à prévoir…Rome et ses nombreuses fontaines originales et potables sont géniales pour faire le plein, fatigue, vêtements trempés de sueur).

-Pas de mini-frigo dans la plupart des chambres d’hôtels italiennes. Nous misions là-dessus pour stocker lait, jus, viandes froides. Nous avons dû nous ajuster.

-La lourdeur des déplacements à Venise et à Rome (pas de voiture) malgré l’organisation que nous avons voulue la plus simple possible. Nous avions deux grosses valises, une petite, le parc pour bébé (que nous avons grandement apprécié vu l’âge de notre fille), un sac à dos de randonnée, le porte-bébé dorsal et le petit sac à dos de Frédéric. Même pour un seul petit kilomètre, c’est lourd.

Avoir eu un bébé plus jeune (ou plus âgé), nous aurions évité d’apporter le parc et le contenu des valises aurait été élagué davantage. Prochaine fois...

-La densité des sites touristiques. Je préfère nettement les endroits plus calmes, plus discrets.

-Être prise dans les interminables corridors du musée du Vatican dans une foule qui avance à pas de tortue avec un bébé à l’heure de la tétée et trouver un endroit calme où pouvoir allaiter discrètement sans scandaliser qui que ce soit.

-Ne pas avoir de répits d’enfants pour un repas, une visite ou une ballade en amoureux.

-Devoir être sélectif dans les musées et/ou choisir des visites interactives ou stimulantes où les enfants peuvent bouger.

-Le mal des transports pour Frédéric

-L’insécurité de notre bonhomme le soir venu

-Le stress de l’inconnu (je crois que je l’aurais géré autrement si nous n’avions pas eu deux jeunes enfants avec nous)

-Les prises de bec entre pilote et co-pilote (et les vacheries, et les vérités un peu crues)

-Tenter de manger son repas en avion avec un bébé de 9½ mois qui vous réforme le plateau le temps de le dire (ou écouter un film avec sur ses genoux un bébé ET devant soi un écran tactile ET des écouteurs avec un fil qui a beaucoup de sex-appeal...)

***

Après expérience et réflexion, je me sens maintenant bien équipée pour optimiser la logistique d'un éventuel autre voyage (et explorer d'autres manières de voyager)...

Mais c'est qu'on y prend goût à ces petites escapades...:o)

9 commentaires:

Low profile a dit...

Par vos propos j'ai l'impression d'avoir fait un survol de l'Italie, vous nous faites rêver. Chapeau d'être revenue de ce voyage avec de si beaux souvenirs, malgré vos inquiétudes concernant la "proximité" de fiston et tous les soins pour votre fille, entre autre dans vos bras pour les repas...ce n'est pas rien.

Une femme libre a dit...

Tiens! Je ne m'attendais pas du tout à cette conclusion. Je pensais que vous écririez que, tout bien pensé, les voyages en Europe seraient remis à un moment où vous trouveriez des gardiens pour tous les enfants à la fois et qu'en attendant, vous loueriez un chalet familial.

Mais non! malgré les obstacles, voire les épreuves, la fatigue, vous ne pensez qu'à remettre ça. Vous m'épatez, Grande Dame!

Anonyme a dit...

Vous avez relevé tout un défi Grande Dame,vous pouvez être fière de vous. Je regrette pour vous qu'une petite escapade romantique en sol italien ne se soit pas réalisée!
Vous êtes tous revenus sains et saufs, voilà l'important.

Gisèle

La Belle a dit...

C'est un très bon résumé de votre voyage avec vos coups de coeur ainsi que vos défis que vous avez très bien réussis à mon avis ! ;-)

Ça va m'aider à prévoir des futurs voyages avec ma petite famille dans un proche avenir, Merci !

Grande Dame a dit...

Low profile, tant mieux si ça a pu alimenter les rêveries!! :o)

Femme Libre, j'imagine que c'est comme un accouchement: une fois passé, on oublie les difficultés! ;o)

Gisèle, nous en étions conscients avant de partir (et donc prêts à faire avec) mais faut-il s'étonner que je me sois prise à en rêver quand même?

La Belle, merci!

Anonyme a dit...

Disons que vous aviez placé la barre haute pour une première expérience...fort de cette aventure,la seconde fois ne sera que meilleure...;-))

Personnellement je pense qu'il faut soigneusement préparer la gestion des déplacements et des dodos...surtout avec une grosse gang...c'est ce qui est le plus important...
Je ne pense jamais être capable de porter les bagages et ne pense même pas prendre le métro ou le train avec les valises de 6 personnes (dont 4 enfants qui ne portent pas vraiment les bagages!).
Je suis vendue depuis 2 ans aux échanges de maisons...ou aux locations d'appartements pour quelques jours dans une grande ville. (nous sommes en ce moment à Barcelone dans un grand appartement, 4 chambres-cuisine-salon)...solution idéale pour des grandes familles...nous déjeunons le matin tranquille...mangeons sur le pouce le midi et retournons le soir pour souper "à la maison"...c'est idéal je trouve...et je trouve qu'il faut partir longtemps...le temps de se remettre du décalage et de prendre le rythme...mais ça c'est moi...;-))

On s'en reparle devant des sushis et une bonne bouteille...

Laurence la petite démone...

Grande Dame a dit...

Heureuse d'avoir de tes nlles Laurence. J'admire bcp ta formule de voyage. Je pense aussi que les appartements où s'établir pour de longues (près d'une semaine) sont l'idéal. La Toscane (où nous avons fonctionné comme ça) fut le moment le plus zen (outre la conduite) pour nous...

Grande Dame a dit...

*pour de longues périodes*

Marie l'urbaine a dit...

Oh que oui qu'on prend goût à ces escapades !!!! Quand en serai-je blasée ?! Est-ce possible que cela arrive un jour ???
:)