vendredi, juillet 03, 2009

Bolzano Bozen


Cette petite ville est incroyable. Entourée de montagnes, il semble qu'aucun malheur ne puisse survenir dans une ville si paisible. Partout où l'on regarde, il n'y a que de la beauté. Les Dolomites s'offrent en arrière-fond peu importe la direction où l'on pose le regard. Presque toutes les fenêtres des maisons sont fleuries, les terre-pleins sont colorés de fleurs, les parcs également, le bord des routes. Au loin sur les montagnes, des châteaux et/ou ruines de. Magnifique.



Ici, le cycliste est roi. Je n'ai jamais vu autant de vélos dans une ville. Idem pour les motos et les scooters. Il n'est pas rare de voir des vieilles dames à scooter. Chez nous, le scooter est culturellement destiné aux ados. Rien à voir avec la mentalité d'ici. Toutes les infrastructures sont conçues pour le vélo. Les vélos ont leurs propres feux de circulation, les pistes cyclables sont innombrables, les gens font leurs courses à vélo, il y a des racks à vélo immenses pratiquement à chaque coin de rue pour répondre à la demande et ils sont presque toujours remplis.





De même, très souvent, les vélos ne sont pas verrouillés et les gens ne portent jamais de casque. Cela fait très libre, très naturel. Je m'ennuie de cette époque, trouve lourd ce regard de société que l'on pose de plus en plus chez nous sur les cyclistes qui roulent sans casques. Dommage je trouve, de vouloir, au nom de la sécurité, imposer continuellement des règles contraignantes.



Nous voyons des hommes veston-cravates à vélo avec leur mallette, des mémés à vélos, des jolies filles à vélo, de jeunes hommes à vélo, des enfants à vélo, des policiers à vélo. Ça évoque La vita e bella!



Tout est harmonieux, l'esprit communautaire semble bien établi, les gens se parlent. Je me demande si à part moi, quelqu'un a déjà connu le stress dans cette ville.

Dans un train bondé sur la montagne aujourd'hui, une femme m'a laissé sa place pour que je puisse m'asseoir avec les deux tout-petits sur mes genoux. Beaucoup de gens nous regardent avec notre porte-bébé dorsal, semblent n'avoir jamais vu ça. On nous écoutait parler, Grand-Homme et moi, les vieilles mamas échangeaient entre elles, faisaient des façons à nos enfants.

Puis, l'une d'elle a enfin osé la question en italien d'abord, puis en allemand: "Llmmgleiksen dakenspenchtein (notez l'approximation ici) nôôôt deutsh?"

-Not deutsch, exact, we are French Canadians.

-Ooooh! Ca-na-daaa! (la dame à côté de moi interpelle son amie qui m'a cédé la place et qui s'en est trouvée une plus loin dans le train) Unetella, Unetella, Ca-na-da!

-Ooooh! Ca-na-daaaa! (elle passe le mot à son tour).

Charmant comme tout. La dame âgée tenait absolument à me céder sa place mais j'insistais pour qu'elle demeure assise.

La dame de continuer à parler à Béatrice, à lui flatter, embrasser les mains puis s'est mise à faire pareil avec Frédéric. Avant de sortir du train, elle a embrassé les deux enfants sur la tête. Jamais une étrangère n'aurait pu faire ça chez nous (et j'en aurais été mal à l'aise). Ici, c'est naturel et pas offusquant.

Au niveau de l'urbanisme, les rues en-dehors du centre-ville sont étroites (mamamiiia! Très!), bordées de murets de pierres et les voitures provenant des deux directions opposées se partagent l'espace avec les piétons et les cyclistes. Il faut avoir des yeux partout quand on n'y est pas familier!



Les ronds-points sont nombreux et je stresse chaque fois de devoir faire gaffe aux voitures, aux voies réservées pour vélos, aux piétons qui sont toujours prioritaires et aux voies pour les autobus. Ouf! Encore étonnant que je n'aie frappé personne! Heureusement que mon co-pilote est là!



Ah, et les vignes, il y en a partout! Autour des maisons, sur la montagne, bordant les rues. Je n'ai jamais rien vu de tel! C'est la première fois que je viens en Europe, direz-vous, mais ça m'impressionne.

Je me suis fait arrêter par la police militaire hier. Ne t'inquiète pas Momz, simple contrôle de routine. Je me suis inquiétée de ce que j'avais pu faire d'incorrect le temps que le policier et son collègue examinent mon étrange permis québécois sous toutes ses coutures pendant que je cherchais avec angoisse mon permis international dans mon sac.

J'ai déduit qu'il devait trouver que je roulais un peu trop en touriste. Et puis les policiers croisés jusqu'à maintenant ont plus l'air de citoyens paisibles en uniformes heureux de travailler pour le bien commun plutôt qu'enorgueillis de leur autorité comme le plus humble des policiers chez nous. Les policiers, chez nous, aussi bons et justes puissent-ils être, ont quelque chose dans la démarche, dans l'attitude qui tend à hiérachiser le rapport policier-citoyen (en dépit des efforts de l'instauration de la police de quartier).

J'espère toutefois ne pas avoir à confirmer/infirmer ma perception dans un billet ultérieur!

Les gens ici semblent vivre différemment du reste du monde. Venise est à environ 250 km et pourtant, l'esprit est loin d'être le même. Le décor, ici, a quelque chose d'Autrichien. Le mood aussi. Pense pas revoir si bel esprit avant longtemps.

5 commentaires:

Grabielle a dit...

Wow... c'est un compte rendu de voyage en "play by play", ça! RAGOUTANT!!!!!

Christiane a dit...

J'aime bien te lire Grande-Dame et te suivre dans tes péripéties rocambolesques!

maman a dit...

Bonjour ma chérie,

Tes comptes-rendus sont intéressants et toujours attendus. J'aime bien les photos. T'aurais pas qqn qui prendrait une photo de toute la famille. Je veux vous voir tous avec le sourire du dépassement et la pleine satisfaction de ce voyage. Goûtes bien tous tes petits plaisirs!

Et je trinque ce soir à vous tous, enfin les vacances! Affection!

Marie l'urbaine a dit...

Ohhh ! J'étais sans accès à Internet depuis plusieurs jours. Quel bonheur de te lire ! J'adore vraiment ! Quel beau voyage. Et m'en vais de ce pas te recommander à mon amie Marie-Julie Gagnon (http://taxibrousse.wordpress.com/), alias Mama cool, car voyager avec des enfants est un de ses sujets de prédilection !
xxx

Grande Dame a dit...

Merci pour vos commentaires, je les apprécie toujours!

Marie, Mama Cool est justement ma lecture d'avion et de chevets depuis quelques jours. Héhé!