mercredi, novembre 04, 2009

Hilary

Je ne peux m'empêcher de penser à Hilary dans cette anecdote racontée par Gilles Duceppe à l'ouverture de campagne dans mon comté il y a quelques années et qui souligne l'importance de la femme dans la vie d'un homme carriériste. Une femme pour l'encourager, assurer ses arrières, alimenter ses réflexions sur certains sujets, le faire réflechir, le supporter, l'aimer, être indulgente, conciliante, prendre en charge la maisonnée, la marmaille, les apparences, donner le ton, abnéguer lorsqu'il le faut. Une égérie souvent dans l'ombre.

Hilary, donc, en voiture avec Bill, s'arrête dans une station-service au beau milieu de nulle part. Elle s'emballe soudainement, sort de la voiture et accourt saluer le pompiste qui est nul autre qu'un de ses anciens amoureux. Ils discutent pendant que la voiture se remplit.

Bill finit par s'impatienter. Hilary rembarque dans l'auto et son mari de s'exclamer: "Une chance que tu m'as marié! Tu imagines, si tu ne m'avais pas rencontré, tu aurais été femme de garagiste!".

Et posée, Hilary de répondre: "Non mon chéri. Si je ne t'avais pas rencontré, c'est lui qui serait devenu président."

21 commentaires:

Marico a dit...

La boutade, que je trouve merveilleuse, cache une grande vérité que de nombreuses femmes comprendront!
Merci, merci.

Super-maman a dit...

Hi hi ! J'adore ! Rares sont les hommes qui ont l'humilité d'admettre que nous y sommes pour beaucoup dans leur succès ! :0)

S@hée a dit...

I looooooooooooove it :-)

Anonyme a dit...

Le pire c'est que je suis sûre que c'est vrai!

Très drôle

France

Joan Durand a dit...

Moi aussi je suis certaine que c'est vrai! J'adore!

Nancy a dit...

L'histoire est savoureuse, mais ça m'indigne tout de même que trop de femmes (très intelligentes et désirant également une carrière digne de ce nom) se plient à se rôle ingrat. J'adore mes enfants, et j'ai "tassé" beaucoup de choses dans ma vie pour leur donner toute la place nécessaire à leur épanouissement, mais je n'ai jamais sacrifié ma carrière, qui a ralentie pendant un bout, mais qui grâce à un conjoint impliqué autant que moi à tous les égards, continue de me combler.

Je ne désire pas être "derrière" mon homme, ni "devant". Nous marchons côte à côte.
J'espère que mon garçon et ma fille apprendront de nous qu'au sein d'un couple, ce n'est pas toujours au même à faire les "sacrifices".

Pur bonheur a dit...

Pliéééeeee! Et c'est donc vrai!
Facile d'être un homme d'affaire qui réussis quand sa femme lui repasse ses chemises, prépare ses repas, nettoie sa maison et une fois au bureau, une secrétaire s'occupe de ses dossiers, une autre prends ses appels etc.

Grande Dame a dit...

Nancy, ce rôle "ingrat", beaucoup le font avec amour sans s'en sentir lésé. Par la force de la nature et des rôles sociaux, la femme est souvent plus impliquée que l'homme dans la petite enfance.

J'éprouve de l'admiration pour celles qui sont capables de donner ainsi et de trouver leur valorisation dans ce rôle. Pour ma part, j'ai besoin d'autres accomplissements et cela malgré que mes enfants soient ce que je possède de plus précieux dans mon univers.

Anonyme a dit...

Je trouve qu'il faut faire attention au terme «plier». Le discours féministe a aussi ses lacunes... L'union d'une femme et d'un homme qui ont des enfants se vit, le plus souvent, dans le sens et le bien être de la famille. L'homme «plie» aussi bien souvent et «pile» aussi sur ses rêves de jeunesse, ses ambitions, ses «trips» tout comme la femme le fait d'une autre façon. Je sais bien qu'on a pas besoin de retourner sociétairement bien loin pour trouver de nombreuses injustices envers les femmes, ces dévouées repasseuses de chemises sans droit de parole, mais il aura fallu que tout cela change tranquillement, avec la progression même des droits humains. Nos arrières-grands-pères (grand-père et pères) avaient-ils une vie plus facile que nos arrière-grand-mères (grand-mère et mère)? Parfois oui, mais parfois non. Personnellement j’ai vu mon père trimer en «cochon» pour faire vivre la maisonnée et ma mère quoiqu’à la maison, a eu une vie sommes toute pénarde... Rien d’extraordinaire ni pour l’un, ni pour l’autre. La vie des gens de classe moyennement pauvre de l’époque, dont la vie s’est amélioré sur le tard avec la venue des syndicats... Les parents de toute époque se sont ligués je crois, pour la survie des leurs, de leurs principes, de leurs acquis. Oui, bien des femmes ont eu un rôle d'arrière plan, mais le caméraman est-il moins important que le producteur du film?
En déniant le rôle extraordinaire des mères, en le rabaissant à être celui «de la pauvre qui n'a pas pu faire carrière et qui lavait les couches», on oublie la valeur du don de soi, la valeur de leur choix, la valeur et la force du métier de mère! Métier qui n'est pas reconnu socialement, peut être parce que femmes, nous ne le reconnaissons pas nous-mêmes à sa juste valeur!
Le fait de faire carrière n’assure pas non plus le bonheur. Le bonheur se vit quotidiennement, dans la façon d’assumer nos choix.
L’anecdote d’Hilary est belle, parce qu’elle parle d’une femme forte, de tête, de vision, qui aurait sans doute épaulé tout homme avec qui elle aurait fait équipe. L’équipe, c’est comme ça que je vois un couple. La société d’aujourd’hui nous laisse encore plus de choix, bravo! Mais ne dénions pas les équipes d’autrefois, ce sont ces équipes qui ont défriché les terres, nourri les familles, bâti des pays, des principes, se sont battus pour les droits que nous vivons quotidiennement. Comment imaginer que ces femmes aient eu moins de pouvoir qu’aujourd’hui? Il faut bien mal connaître les femmes. Elles s’adaptaient dans leur équipe, bossaient quand elles étaient bosseuses, se taisaient lorsqu’elles en avaient le caractère. Le monde a-t-il tant changé? Je ne crois pas. Les droits changent, les équipes s’adaptent de leur mieux....

France

Grande Dame a dit...

Je ne crois pas que cette anecdote dévalorise le rôle de la femme, elle reconnait plutôt son importance auprès de l'homme qui lui récolte tous les honneurs.

On accorde souvent de la valeur à ce qui est reconnu socialement. La personne qui s'accomplit à l'extérieur de la maison est plus visible, obtient des promotions, des prix, des honneurs, des tapes sur l'épaule. Son travail est mis en valeur, contrairement à celui de la femme, qui travaille dans l'ombre.

Les enfants, bien souvent éduqués par la mère, une fois adulte, aduleront le père carriériste qui fut "absent" durant des années et chercheront à le connaître, s'émerveilleront devant la notoriété qui a justifié ses absences, développeront une relation à un autre niveau avec lui. On conservera pour la mère une certaine tendresse, une reconnaissance qui n'aura rien à voir avec la découverte tardive du père tel que nous ne l'avons jamais connu. Même adultes, on cherchera à combler l'absence du père. Une quête éternelle.

Une équipe, dis-tu, France, pour désigner un couple. Tu as raison. Les rôles sont généralement bien définis dans une équipe. Suis-je idéaliste d'espérer que chacun des rôles de l'équipe puissent être reconnus à leur juste valeur, donner à chacun une part semblable d'engagement, à chacun une latitude suffisante pour exister et être reconnu en-dehors de cette petite entité qu'est le couple, la famille.

Anonyme a dit...

Idéaliste, oui et non. Oui puisque rechercher l'idéal dans la vie, dans une relation de couple ou en tant qu'éducateur de nos merveilles (...) n'est en rien péjoratif, au contraire. La perpétuelle recherche de l'équilibre, du bonheur, de la justice, de l'accomplissement de soi n'est-elle pas le lot de l'âme humaine qui vise«l'évolution».
Ne sommes-nous pas des êtres qui désirons apprendre, être en mouvement,comprendre...
Quand au fait d'y arriver «parfaitement»,que ce soit dans le couple, l'éducation des enfants ou dans notre carrière... C'est là que l'unicité de chaque relation, de chaque communication, de chaque époque (sociale et de vie personnelle) entre en ligne de compte.
Je crois que c'est tout d'abord à nous de reconnaître notre propre apport et nos propres besoins, puis normalement de reconnaître ceux de l'autre, en souhaitant effectivement que ce soit réciproque!
Ton désir, aussi idéaliste soit-il, est très sain, surtout s'il se vit positivement dans ton couple!
Je suis très confiante qu'une belle et forte personnalité comme la tienne, saura accomplir avec brio ce véritable défi énergétique!
Prends soin

France

Sara a dit...

J'ai passé la soirée sur ton blog. Merci!

Anonyme a dit...

J'adore.... ;o))

Monica

nancy a dit...

Petite rectification au sujet de mon écrit. Je ne voulais pas implicitement dire qu'une carrière était nécessaire pour qu'une femme s'accomplisse, mais bien que pour MOI je m'accomplisse. L'essentiel, et cela n'a rien de féministe, c'est de trouver la voie qui nous rend heureuse. De trouver NOTRE équilibre. Je crois que c'est la quête de Grande Dame en ce moment.

Et la mossus de perfection (ou équilibre parfait), que TROP de femmes, moi incluse, recherchent, elle n'exite pas! (Sur ce point, vive les "gars" qui ne s'en font pas tant! J'aimerais tellement être plus comme eux!)

Finalement, je suis un peu tannée des gens, des femmes surtout, qui brandissent le mot "féministe" tel un épouvantail pour effrayer tout le monde. Quelqu'un de bien plus brillante que moi, ultra-féministe en plus a dit ceci :"Feminism is all about doing what's right for you. And we all need to remember that what's right for yourself isn't always right for other people." J'adhère complètement à ce type de féminisme.

Tout cela demeurant ma simple et humble opinion.

Anonyme a dit...

«Finalement, je suis un peu tannée des gens, des femmes surtout, qui brandissent le mot "féministe" tel un épouvantail pour effrayer tout le monde.Nancy»

Oups, étant donné que c'est moi qui ait brandi «les lacunes du féminisme» comme contre argument à l'idée que trop de femmes «plient» encore au Québec, devant le rôle ingrat de mère, au détriment de leur désir de carrière ou d'épanoissement personnel...
Ben, j'imagine que c'est moi qui t'ai, sans le vouloir, offusquée.

Désolée ce n'était pas du tout mon intention.
Surtout dans le contexte de l'anecdote d'Hilary (non mais elle en fait couler de l'encre!)

Je ne me sens pourtant pas anti-féministe, au contraire. J'ai affirmé et assumé mes choix de femme toute ma vie, autant comme peintre, comme mère élevant seule mon fils en travaillant et même lorsqu'avoir 6 enfants n'était pas du tout à la mode et que je passais pour celle qui «plie».
J'avoue que je vois mes nièces et amies courir en fou avec leur enfants et leur carrière et que, j'insite: Personnellement, je n'envie pas cette vie là. Passer 15 ans à la maison, même si ça été souvent difficile et périodiquement dévalorisant, m'a vraiemnt plu et comblée. Ce qui n'ôte en rien à la liberté d'être et de choisir de chaque individu, mère ou père...
Chaque mouvement ou idée, aussi extraordinaire ou essentielle soit-elle, a ses limites et ses lacunes. D'ailleurs un discours de libération des femmes est encore essentiel dans bien des sphères du travail au Québec (et dans tous les pays dits «développés»), mais bien différent que celui qui est vital dans beaucoup de pays du monde!

Il y a, à mon sens, des lacunes dans le féminisme (comme il y en a dans l'humanisme ou le socialisme...)lorsque les idées deviennnent stéréotypées ou qu'elles n'évoluent pas avec la situation réelle vécue dans une société précise. Et je trouve que le féminisme d'ici peut parfois véhiculer des stéréotypes, par exemple lorsqu'il nous fait sentir qu'on «plie» parce qu'on décide de passer des années précieuses avec nos enfants au détriment d'une carrière (si c'est notre choix)ou par exemple qu'on préfère faire carrière en arrière scène d'un homme. Pour nous présentement, je ne parle pas de nos mères ou de nos grands-mères, tout est permis.
Une femme peut choisir de travailler et son chum de rester avec les enfants. Un couple peut aussi décider de travailler tous deux, de faire garder et d'être pleinement heureux! C'est pas une question de plier, c'est une question d'assumer ses choix et de vivre une relation épanouissante avec un homme qu'on aime et qui nous aime. À ce moment-là, ce ne sont pas des pressions sociales qui nous font «plier», c'est individuel, c'est notre propre culpabilité féminine, notre propre perfectionnisme, nos émotions maternelles, notre difficulté de communiquer, de choisir et d'assumer nos choix qui entrent en ligne de compte!

M'enfin je peux te dire qu'on pense pourtant sensiblement les mêmes choses :«L'essentiel, et cela n'a rien de féministe, c'est de trouver la voie qui nous rend heureuse. De trouver NOTRE équilibre. Nancy»

100% D'Accord!

Encore désolée si mes propos portent à confusion, ça aura au moins eu l'effet de stimuler la conversation sur des sujets qui nous touchent tous, mais dont on a pas souvent l'occasion de discuter.

«De la discussion jaillit la lumière»

France

Grande Dame a dit...

Que dire d'autre que je me retrouve dans tes propos France? Tout est une question de liberté, de choix individuels et/ou de couple et pour moi, l'équilibre d'un couple n'est pas dans son "rendement" général mais bien dans l'indice de bonheur des deux amoureux, de manière individuelle.

C'est fou ce qu'une simple anecdote (porteuse de sens, quand même) peut nous faire discuter. :o)

Nancy a dit...

Amen France, Amen :-)

Anonyme a dit...

Wow Nancy, alors c'est vraiment personnel...

France

Grande Dame a dit...
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Grande Dame a dit...
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Grande Dame a dit...
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