lundi, octobre 23, 2006

À répéter pour bien drainer

Un beau week-end comme celui que je viens de passer.

Que du précieux autour: ma famille, mon amoureux, la montagne, le dépaysement, un charmant B & B, un bon repas au resto, des douceurs.

Je me rends bien compte à quel point je suis fatiguée et à quel point mon lourd quotidien m'empêche de bien vivre mon deuil. Il suffit d'un week-end loin des responsabilités et des soucis pour que tout me ramène à mon petit homme. Dans ce pub où nous étions, l'ambiance était chaleureuse, le filet mignon divin, les yeux de mon homme brillants. Tout était parfait. Jusqu'à ce que les chansonniers -excellents- s'y mettent.

Malgré mon amour de la musique, ce fut suffisant pour gâcher ma sérénité du moment. Oups le romantisme. J'imagine que c'était correct aussi, il faut bien craquer de temps à autre pour drainer le chagrin. Je voyais bien, dans mon coeur, la petite jambe de mon bonhomme qui se serait mise à branler, je voyais bien le dandinement qu'il aurait eu dans sa chaise haute parce qu'inévitablement, il aurait été habité par le rythme, le bonheur et l'insouciance.

Il aurait tapé des mains, il aurait été complètement absorbé (je suis devenue bien malgré moi une inconditionnelle du conditionnel passé). Il aimait tellement la musique!

Impossible pour moi de dissocier la musique des émotions (la musique est un si beau mariage de la rationalité mathématique et du chaos des émotions!). C'est toujours si emportant...la guitare et l'accordéon de mon père et de mon oncle, les guitares, batteries, basses de mes cousins, le violon de mon amoureux, les réveillons du Jour de l'An chez mon oncle Paul où tout le monde joue aux carte, parle, chante, danse et rit.

L'an dernier, je revois si délicieusement vivant mon petit homme fasciné par la guitare d'oncle Paul, un peu intimidé par tous ces gens, un peu fièvreux, mais pas suffisamment pour l'empêcher de danser. Il était dans sa bulle de bonheur, les yeux rivés sur oncle Paul, son instrument et le son merveilleux qui en sortait.

Il dansait, timidement d'abord, c'était plus fort que lui, comme un appel de l'intérieur, il devait bouger. Il tapait du pied d'un rythme irrégulier, se dandinait les fesses, se penchait par en-avant, se redressait en dandinant encore ses adorables petites fesses, frappait des mains, hypnotisé par la déliciosité de la musique. Un pur moment de bonheur. Et toutes les tantes et les cousines autour complètement sous le charme de cet intense et magnifique petit garçon qui ne faisait rien d'autre que vivre intensément son moment présent. Il était beau, il était divin, il était magnifique.

Dans ce pub, sur ce son rythmé, c'était toute sa perfection que je voyais, la façon qu'il avait d'être captivé par ce qui le faisait vibrer.

Il me fallait partir, je n'aurais pu en tolérer plus, je n'aurais pu continuer de le voir si intensément vivant dans ma tête alors qu'en réalité, je ne peux plus l'entendre, le toucher ni le respirer. Et tant pis pour les dernières bouchées de filet mignon.

Je me questionne réellement sur le réveillon de cette année. Comment pourrais-je entendre la si essentielle musique d'oncle Paul dans les partys sans voir du même coup les purs moments de bonheur de l'an dernier, sans être confrontée au vide de cette année?

L'intensité des bons moments en famille avec l'indissociable vide ou l'isolement avec la si douloureuse absence pour tenter de l'apprivoiser pour cette première année?

Une longue méditation sur la question s'annonce pour nous.

Voilà la chicane qui débute entre mes chers amis les geais bleus. Tout ça pour des peanuts....

14 commentaires:

chocolyane a dit...

Un jour Grande Dame, vas-tu nous raconté ce qui vous est arrivé?

Quand tu seras prête, si tu le veux...

Tangerine du Québec a dit...

Je dis comme Chocolyane; tu devrais tout nous raconter, vider ton coeur, nous serons avec toi dans ton réçit. Ça va te faire le plus grand bien de parler.
Et pour Noel, c'est certain que certaines dates seront difficiles a passer.. je suis avec toi.

Michèle a dit...

J'ai toujours admiré cette façon que tu avais de nommer tes émotions et de les rendre de façon si juste et avec tant de finesse. Je suis, comme bien souvent dans le passé, toujours aussi touchée...

mareeanne a dit...

ma belle je dois me dévoiler...

j'ai accompagné un de mes bons amis lors des funérailles de ton canard adoré.
j'ai vu la peine sur les visages de ton homme et toi.
je vous ai entendu parlés et j'ai moi meme pleuré.

je pense à vous tres souvent et j'espere que vous allez mieux meme si par moment la peine vous fait soufrir terriblement.


marée....

xxx

belle d'ivory a dit...

peu importe ce qui fait du bien est bien

xoxo

Annabelle a dit...

Ma belle amie comme tu as l'amour des mots pour nous faire vivre tes émotions pour nous raconter tes impressions,,,Je crois aussi que Noël sera très dure. Si tu as besoin de moi je vais être là.

Je pense à toi très fort et je t'embrasse...

Doulaya a dit...

Je crois que, peu importe la première depuis son départ, elle sera dure. La semaine prochaine aussi, tu vas sans doute penser à lui... Comme Annabelle, tu peux compter sur moi, tendre Grande Dame! xxx

Grande Dame a dit...

Vos bons mots me touchent, merci.

Mareeanne, es-tu une amie de Jean-François?

Chocolyane et tangerine, je réfléchis actuellement à la façon dont je veux aborder la mort pour un futur texte pour le site d'une amie. Je vous mettrai le lien lorsque j'aurai trouvé l'angle exact que je cherche...

Mes amies...vous êtes infiniment précieuses. ;-)

chocolyane a dit...

@ Grande Dame : Merci. Prends tout le temps qu'il te faut...

Anonyme a dit...

Pas facile tout ça... faut rien bousculer, ça m'a l'air si récent en plus. Ah lala...

mareeanne a dit...

non je l'ai cotoyer quelque peu dans le mouvement...parmis tant de jeunes!

mais j''ai plutot accompagné un copain qui a une peur bleu de tout ce qui s'appelle salon funéraille et compagnie, qui lui connait ton homme.


voila....pourquoi j'étais là.




une marée genée....tres genée meme.....

Grande Dame a dit...

Ok Mareeanne...je croyais que tu étais une amie de Jean-François, qui lui est un ami de mon homme...

mareeanne a dit...

voila tout est clair alors!:-)

Y'en a marre! a dit...

Je n'ai pas de conseil à te donner, puisque moi-même je n'ai pas eu le courage d'être présente au réveillon dans ma famille depuis le décès de mon père (il y a presqu'un an). Et comme la musique a aussi une grande responsabilité là-dedans, ça me fait tout drôle de lire ton billet.

Pour cette année je penche + du côté d'être encore absente plutôt que de l'autre. Longue réflexion ici aussi.