vendredi, octobre 27, 2006

Ironie, quand tu nous tiens...

Je suis préparée. À 14h, la femme de ménage tant convoitée devrait sonner. Une première.

Depuis des semaines, je me prépare mentalement. Je me visualise enfin allégée de tout ce ménage qui me pèse tant. Je sens la fin du calvaire domestique tellement proche que l'entretien de la maison me semble moins lourd. Ça sent la Sauveuse au loin, avec un S majuscule SVP. Si elle me satisfait, je glorifierai cette femme.

Je n'avais qu'un fantasme en tête hier soir: dormir. C'était physique, émotif, viscéral. Mais une chose était encore plus puissante : la crainte que cette Sauveuse ne me plante là.

Et si elle trouvait ma maison trop bordélique pour accepter de m'aider? Et si les rénovations chroniques ici la rebutaient? Et s'il y avait tellement de jouets qui traînent qu'elle n'y voyait aucune possibilité de laver le plancher?

Merde, merde, merde. Ok, on respiiiiire.

Et on soupire pour un sprint final.

Je m'y mets. Je cours comme une folle dans la maison à 23h le soir, je fais du lavage, je descends des boîtes de linge d'enfant trop petit, je sors des retailles de bois du fin fond du sous-sol, je passe le balais, je jette des traîneries, de la paperasse inutile, je redécouvre la tonne de reliques accumulées sur le dessus du frigo.

Calmement, mon homme me demande: "Mais.... Pourquoi tu fais tout ça? Nous allons avoir une femme de ménage. C'est elle qui devrait tout se taper ça, tu ne penses pas?!".

-Erreur. Si la femme de ménage se pointe ici et constate l'ampleur du désastre, elle sera trop découragée et se sauvera en courant. Il faut mettre toutes les chances de notre côté.

-Tu es fatiguée, tu devrais lui laisser ça.

-Si je ne fais pas tout ça ce soir, elle sera terrorisée et je serai à nouveau seule avec tout le fardeau. Il FAUT minimiser l'impact visuel.

-Demain, je me lèverai avec toi et nous ferons tout ce qu'il faut avant qu'elle n'arrive.

Le matin venu, une fois les enfants partis pour l'école, mon homme et moi nous affairons à rendre notre maison somme toute séduisante pour la Reine à venir. C'est fou ce que les araignées travaillent fort la veille d'une visite importante! Je lave le plancher, allume des bougies parfumées, range les mille et unes traîneries.

Finalement, je m'arrête et regarde autour de moi. Je ne me rappelle plus la dernière fois que ma maison a été aussi propre (malgré le fait que j'aie tout de même pris soin de laisser de la poussière sur les cadres et du dentifrice dans le lavabo de la salle de bain... faut rester zen, quand même!).

Bon, ça y est, on sonne. Je prends une grande respiration.

Orgueilleuse, moi?

Naaa!

Juste heureuse de déléguer. :-)

3 commentaires:

Madame Une Telle a dit...

C'est ce que j'aime le plus d'une aide ménagère: le sprint familial de la veille!

Imagine, après le sprint tout est frotté! Quelle satisfaction!

Tangerine du Québec a dit...

J'étais comme toi. Je ramassais tout avant que ma femme de ménage arrive. Et je me disais 'Ben coudonc, quand tout est ramassé et en ordre, il ne manque que l'aspirateur et l'époussetage et le ménage est tout fait' ! La mienne venait le samedi, a partir du lundi c'était a refaire .

Grande Dame a dit...

D'une façon ou d'une autre, il faut bien lui laisser le champ libre pour nettoyer. ;-)