mardi, juillet 20, 2010

Quand l'anodin heurte les principes

Il est de ces incidents bénins mais qui, somme toute, heurtent profondément mes principes. Ici, de deux choses:

1) Je déteste quand, dans le monde de la consommation, on considère un enfant comme une demi-personne à demi importante (du genre, l'ignorer dans une file de caisses pour passer devant lui, profiter de sa vulnérabilité pour lui en passer une p'tite vite, etc.)

2) Mon estime pour un commerce d'alimentation diminue radicalement s'il n'offre pas à ses clients un abreuvoir pourtant essentiel dans le but avoué d'augmenter ses ventes d'eau embouteillée.

*

Après un après-midi de courses avec trois de mes enfants, nous arrêtons dans un kiosque de fruits et légumes frais. Depuis une dizaine d'années, j'aime bien acheter chez ce marchand de St-Vincent-de-Paul que je trouve accueillant et qui offre en saison des fruits et légumes locaux et variés.

Une dame sûre d'elle-même entre avec sa gourde, demande au comptoir où elle peut la remplir. La dame à la caisse lui indique un distributeur d'eau où elle peut étancher sa soif.

Retour dans la voiture à deux pas, où les enfants m'attendent. Grand-Charme (13 ans) déclare qu'il a soif. Son jeune frère (10 ans) aussi. Je leur indique où est situé le distributeur d'eau dans le kiosque et demeure dans la voiture avec ma fille.

Quelques minutes plus tard, Grand-Charme revient avec une bouteille d'eau embouteillée (ce que nous évitons autant que faire se peut). Je fronce les sourcils.

L'ado explique: "L'homme n'a pas voulu qu'on prenne de l'eau dans le distributeur. Il dit qu'il voulait bien dépanner quelquefois mais qu'il ne fallait pas abuser (Abuser? C'est la première fois !). Il m'a pointé le frigo et m'a dit: "T'sé, on en vend aussi !"

Quel ado peut lutter contre ce type de "générosité sélective" quand il n'est encore qu'à l'étape de dénoncer avec conviction que les (incalculables) injustices de la maison?

Pour une question mercantile, de vente d'eau embouteillée de surcroît, aux enfants d'une fidèle cliente re de surcroît, je suis indignée.

Ma fidélité est menacée.

2 commentaires:

La Belle a dit...

J'en reviens tout simplement pas de l'attitude de l'homme en question.

Dommage que Grand Charme avait de l'argent pour s'en procurer une... Je serais retourné avec lui dire ma façon de penser à cet homme... Quoi que c'était peut-être mieux ainsi ?!

J'imagine que lorsque mes enfants grandiront j'aurai tout autant de difficulté avec ces mêmes principes.

maman a dit...

Te rappelles-tu quand parfois nous allions au restaurant et que je passais mes commentaires. Toujours aimablement, mais si j'étais insatisfaite du service je le disais, spécialement si j'avais pris la peine de le préciser.

Tu aimes la place, mais l'incident t'as déplu...fais la suggestion de la fontaine. Qui sait, tu changeras peut-être la chose?