lundi, mars 15, 2010

L'espace

J'observe à quel point mon rapport à mon espace physique a changé au fil des naissances de mes enfants.

Chaque fois, il y a bien sûr la fusion avec mes bébés, qui est de plus en plus importante et de plus en plus longue à chacune des nouvelles naissances, mais le plus ironique, c'est la manière dont les besoins de ce même espace par rapport aux autres grandit lui aussi lorsque la famille accueille un nouveau membre.

Non que je ne les tolère plus dans mon espace vital, ils demeurent très présents mais plutôt que comme je suis physiquement très sollicitée, je me sens plus rapidement agressée par les contacts qui sont des "proximités nécessaires" de leur mère pour des enfants et des ados sans qu'elles ne soient des caresses ou de l'affection.

Par exemple, je suis plus intolérante aux enfants qui s'accrochent à ma jambe, qui me bloquent le passage dans la maison lorsque j'avance librement, qui cherchent à me jouer dans les cheveux en me parlant, à s'approprier mes doigts pendant qu'ils me racontent quelque chose, à rapprocher leur chaise de la mienne à table jusqu'à ce que la proximité leur permette de s'accrocher affectueusement à ma main qui essaie tant bien que mal d'utiliser sans contraintes sa fourchette ou à verser un verre de lait sans subir les soubresauts des câlins à outrance, à m'approcher d'une manière étouffante. J'ai donné beaucoup physiquement et mon corps réagit vivement à tous ces envahissement physiques.

Ma mère m'a fait récemment le commentaire que j'étais moins affectueuse. C'est exact. Mon corps a besoin de se réapproprier de l'espace vital.

Lorsqu'un de mes garçons joue sur l'ordinateur, trois ou quatre membres de la fratrie s'agglomèrent autour pour le regarder jouer. Ce n'est pas moi qui suis assise et pourtant, leur agglomération m'agresse à un point tel que j'ordonne leur dissolution. Je peine même à comprendre comment ils arrivent à ne pas se sentir envahis à quatre ou cinq derrière le même écran !

L'espace physique, l'espace amoureux ont été grandement envahis ces derniers mois. Rares sont les moments où je peux me coller contre mon homme sans que les petits vampires ne viennent infiltrer l'espace douillet de la zone conjugale. C'est sweet, ces moments de colle-colle, mais c'est aussi intrusif dans le noyau.

Vivement quelques jours en amoureux, vivement le début de l'agrandissement de notre maison, vivement le retour du plein air, vivement l'espaaaace !

8 commentaires:

BéKa! a dit...

Je ressens la même chose que toi. Parfois je suis tellement sollicité physique que j'en souffre. Ma peau deviens "à fleur de peau" et je ne peux souffrir qu'on me touche.

Dans ce temps là, il est temps de prendre mes distances.

Anonyme a dit...

Ah que je te comprends!!! J'ai la même impression d'être vite envahie.

Matty

Anonyme a dit...
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blogue.
ratata a dit...

Avoir sa peau à soi devient une nécessité pour toutes les mères à plus ou moins brève échéance ou cours de ''l'élevage'' des petits. Je me rappelle, ça m'est arrivé à moi aussi même si je n'ai eu que deux enfants! Et, j'y pense, les animaux le manifeste plus rapidement que nous, je me souviens que ma chienne s'éloignait de ses petits qui voulaient la téter après les quelques semaines qu'elle leur avait accordées. Besoin légitime d'espace et de liberté.

Martyne l'intellex a dit...

Drôle! Hier, j'ai justement dit à mon époux (par rapport aux soupers fistons + papa): "Le luxe, c'est l'espace".
Je sympathise.
(Et, quoique plus discrète sur tous les blogues dernièrement, je lis toujours religieusement).

Grande Dame a dit...

Tiens donc, comme je me retrouve dans vos commentaires !

Heureuse que ce soit un sentiment partagé par d'autres mères !

Isabelle a dit...

J'ai lu ce billet et j'ai poussé un long soupir... je ne suis donc pas seule... ;-)

Isabelle, maman de 6 petits envahisseurs !

maman a dit...

J'ai souri un peu amusée en lisant ton blogue. Je ne sais pas si tu te rappelles "Quand j'arrivais de travailler, je réclamais 20-25 minutes juste pour me retrouver après le travail, après je te disais "C'est bien maintenant, tu peux venir me raconter tous tes petits problèmes pendant que je prépare le souper."

Même actuellement quand j'arrive du travail, mon chat réclame de l'attention, vient se frôler. Et je lui dis " Non, non, tu connais la consigne, laisses-moi respirer et me reposer un peu." Et je repense alors à toi! Je me dis que le même espace est toujours vital.

Facile de comprendre que quand on s'éloigne, on se retrouve et on se redonne une piqûre d'oxygène pour mieux repartir par après."

Alors ma chérie, ça s'en vient. Bientôt je me réjouirai pour toi qui aura plus d'espace.

En attendant, fais un détour, laisse les petits pour qq heures et refait tes forces. Tu le sais, la porte est toujours ouverte!