jeudi, décembre 22, 2011

Le Salon

Je pense beaucoup à une amie proche de Fils Aîné, dont la maman vient de quitter ce monde. Cancer. Et à cette femme, aussi, qui ne sera pas là pour vivre auprès de sa fille ses réussites, ses doutes, ses inquiétudes, ses regrets, ses questionnements, sa première grossesse (et les autres), la préparation à son mariage ou l'annonce de ses premiers jeux amoureux. Une de mes grandes hantises.

Nous rentrons du Salon. La jeune fille de 17 ans, belle, sobre, noble dans l'attitude. Entre le cégep, son travail et sa mère aux soins palliatifs, elle semble tenir le coup (au fond, à quoi peut-on mesurer cela?). Mais quand même: dix-sept ans, l'âge de mon Fils Aîné que j'aime tant. Désormais, elle doit s'organiser seule. Oh, bien sûr, les amis, la famille (je présume) sont là. Mais le quotidien lui appartient. Pas de papa, de frères ou de soeurs. Seule.

Au Salon, Fils Aîné étreint son amie éprouvée. Les autres amies de la gang, aussi. Ils sont là pour elle.

"Juste avant les Fêtes !" disent les gens. En ces moments de réjouissances familiales, c'est vrai, la solitude fouette davantage, on dirait.

Pourtant, je me réjouis que la belle adolescente ait un répit de cégep durant les Fêtes pour aussi prendre le temps de régler un tant soit peu de logistique et encaisser le deuil récent.

"Maman, cesse de chiquer ta gomme" que vient me glisser discrètement à l'oreille Fils Premier tandis que je suis concentrée à me tordre les tripes devant l'extrême maigreur de la maman ravagée par la maladie sur le diaporama.

Angoisse soudaine: ai-je été concentrée au point d'en oublier les bonnes manières?

Je demeure figée sur place, Fils Aîné à mes côtés. Sous les bons conseils de mon fils, je me résous à me débarrasser de ma gomme.

Doucement, je reviens vers lui. "C'est parce que je chiquais comme une vache ou alors c'est juste...parce que c'est de la gomme?"

-C'est de la gomme, affirme un Fils Aîné empli de convictions sans me regarder.

Fidèle à ses principes, Fils Aîné a cessé il y a plus de deux ans de mâcher toute gomme contenant de l'asparthame, ce substitut de sucre pointé du doigt pour sa responsabilité dans certaines formes de cancer.

J'ai déjà dit que j'aimais ce garçon?

5 commentaires:

Majka a dit...

Je n'ai qu'une chose à dire: Foutu Cancer de Merde!
J'ai vu ça en mai, une petite famille plus de maman.Ça brise le coeur.
Et tu ne peux pas t'empêcher d'imaginer que ça pourrait t'arriver aussi. Toute une claque au visage.
Câlins xxx

Mamanbooh a dit...

Nous aussi, on l'aime ce garçon...

FramBoise a dit...

Je viens vous lire via Lady...aujourd'hui je vous laisse ce petit mot, émue et par la situation de votre jeune amie et par la bienveillance de votre fils .
Bonne fêtes

Une femme libre a dit...

Je suis d'accord avec Mamanbooh, nous aussi, on l'aime ce garçon, depuis le temps qu'on suit avec plaisir son évolution et ses aventures! Meilleurs voeux à vous et à votre belle grande famille, chère Grande Dame!

Rémi Poséidon a dit...

J'ai la chance d'avoir encore ma maman, qui a elle-même eu la chance de sortir en vie d'un cancer du sein, et je mesure chaque jour le privilège qui nous est accordé, alors même que nos amis sont décimés par cette maladie.
Pour l’aspartame, j'ignorais que c'était cancérigène, et n'en suis que plus attristé, sachant que les diabétiques avec qui j'ai travaillé cet été sont réduits à abuser de ce produit, à défaut de pouvoir consommer du vrai sucre... Fichues maladies !!!

Cette jeune fille aura besoin du soutien de ses amis, et elle a la chance de compter votre merveilleux fils parmi eux. On ne peut que lui souhaiter du courage.

Malgré tout, bonnes et joyeuses fêtes de fin d'année, croisons les doigts pour que 2012 soit meilleure que 2011.