vendredi, février 11, 2011

Le pouvoir de l'indifférence

Une réflexion sur l'indifférence lue dans un récit. J'y réfléchis depuis plusieurs jours.

Pire encore que de ne pas se faire apprécier : se faire ignorer. Pire que de gérer des désaccords quant à vos propos, vos opinions : être la pluie sur le parapluie de l'indifférence, volontaire ou pas, de l'autre. J'ai sûrement dû en parler avant. Meilleur moyen de blesser quelqu'un : éviter de tenir compte de lui, lui refuser l'appartenance à une entité, aussi informelle soit-elle.

Les personnes/situations qui  m'ont causé le plus de tourments ces dernières années sont précisément celles pour/dans laquelle ma présence ou celle de ceux qui me sont chers n'a fait aucune différence pour les autres. Vous savez, s'adresser aux autres comme si vous n'y étiez pas, conserver coûte que coûte la dynamique et la cohésion "d'origine", ignorer le fait que vous pouvez, vous aussi, nourrir une discussion, contribuer avec vos idées, modifier positivement une dynamique, recevoir une rétroaction qui consolide votre intégrité, votre valeur, votre existence-même, votre sentiment d'appartenance. Pire encore: patauger dans des eaux qui font de votre présence une présence futile et accessoire puisque non seulement l'attitude de fermeture vous exclut mais également parfois, de par sa nature exclusive, le propos lui-même.


De tous les temps, c'est l'un des pires supplices que l'on peut faire subir à l'humain (ou à un groupe): l'exclusion. L'ostracisme.
Le bannissement, ne serait-ce que vingt minutes, une heure, le temps d'une rencontre.

Il y a dans l'indifférence un pouvoir incalculable et tristement puissant.

Ah oui, j'ai certainement dû en causer avant.
Cela me fait trop réagir.

10 commentaires:

Mongoose a dit...

Ça c’est sûr. Bien dit.

Madame Anne a dit...

ohhhhhhh...... tu ne sais pas a quel point ton billet tombe bien..... merci... xx

Maeva a dit...

Moi quand je lis votre article ca me fait penser à mes beaux parents... Ils me prennent tellement de haut, ils me prennent tellement pour une gamine (et encore jamais mes parents n'ont eu ce comportement là avec moi même quand j'avais 5ans) , mes points de vues les désinteressent totalement.. ect...
Mais vu que mon estime d'eux n'est pas très haute, du coup je suis à mon tour indifférente à ce qu'ils peuvent penser de moi et face à leurs comportements...
J'pense que ca me vexerais davantage si cela venait de quelqu'un que j'admire...
Je crois que je préfère qu'on m'ignore plutot qu'on m'embête ( pour être polie )

RJ a dit...

On n'imagine pas assez la puissance de ce pouvoir, il faudrait presque un blog sur la question...qui n'as pas eu un jour l'impression d'etre transparent ? ou qui na pas usé de ce pouvoir par conviction ou protection ?
je faisait que passé, sans indifférence...

Nanou La Terre a dit...

grande dame,
personne ne mérite l'indifférence pure de la part des autres. C'est, quant à moi, une grande marque de non respect, un grand manque d'éducation et d'ouverture à l'autre. Je ne peux supporter moi-même mais surtout, je ne suis pas obligée d'endurer... C'est pour cette raison que je ne vois plus mes beaux parents et je m'en porte vraiment très bien!

Anonyme a dit...

Au bureau, lors de réunions, certains de mes collègues ignorent mes commentaires, mes idées.En plus de reprendre mes idées comme si elles étaient les leurs Après en avoir discuté avec mon patron il a constaté qu'effectivement j'étais invisible face à mes collègues. Selon lui, les raisons de cette indifférence: mon âge (dans la trentaine versus la cinquantaine) mes années d'expériences de gestionnaire (5 ans versus 25 ans) et le fait que je sois la seule francophone du groupe. Je me suis remise à la recherche d'un autre emploi même si j'ai un bon soutien de mon patron. Beau billet.

Michèle a dit...

Ce qui me laisse songeuse, dans ce billet, c'est que cette situation, nous l'avons tous vécu et surtout, l'avons fait vivre !

Qui peut se targuer ici d'avoir TOUJOURS réussis à écouter avec intérêt des discussions qui nous ennuyaient ? Ne sommes nous pas parfois, souvent indifférents à ce que les autres, même très proches, même NOS enfants nous racontent ? Vous savez.. ces rêves interminables avec moult détails ?

La personne qui nous ignore, il est possible que nous l'ennuyons à ce moment. Nous racontons des histoires sans importance, et notre point de vue n'est pas toujours fascinant.

Je crois que si on souffre outre-mesure de cette situation, somme toute banale et fréquente, il faut se questionner plutôt sur ce besoin d'être admiré, tout le temps, sans faille.

:)

Marie l'urbaine a dit...

C'est troublant de vérité ce que tu racontes. Cette attitude est tellement inacceptable, non constructive, et elle peut avoir des conséquences bien tristes.

J'ai toujours fait attention à ne pas agir ainsi... j'espère ne pas avoir été fautive, inconsciemment...

Evyzamora a dit...

Très bien dit, et plein de vérité!

Anonyme a dit...

Vous avez SEPT enfants? Incroyable! Vous avez l'air d'une jolie adolescente sur votre photo...

L'indifférence, oui c'est très efficace pour tuer quelqu'un à petit feu. Première visite ici, je reviendrai!