jeudi, janvier 20, 2011

L'âme

Discussion de colle-colle. Ces temps-ci, ça tourne régulièrement autour de la mort...

(...)

-Maman, tu crois que Thomas le sait que z'ai cinq ans? demande Frédéric en regardant l'urne de son frère sur le bureau.

Haussement d'épaule.

-Tu crois qu'il nous entend quand c'est ma fête?

-C'est sûr qu'il ne peut plus nous entendre, il n'a plus d'oreilles !

-Comment ça?

-Mais Frédéric...nous avons fait brûler son corps ! que je lui rappelle.

-Et sa tête, elle? demande-t-il, étonné que l'on ait pu penser à séparer les deux.

-Sa tête aussi. Tout ce qu'il reste de lui, c'est son âme et s'il peut nous sentir ou nous "entendre", c'est avec son âme.

Silence.

Frédéric se blottit contre moi: "En tout cas, moi, ze l'ai vu, l'âne, quand z'ai été au zoo."

(Chouette, je (re) déménage à Granby !)

7 commentaires:

Nanou La Terre a dit...

Bon sens,
c'est tellement attendrissant que j'en ai les yeux tout mouillés...
Cher trésor...

Une femme libre a dit...

Heureusement que vous écrivez ces mots d'enfants (les grands frères en ont eu des pas pire eux aussi) pour qu'ils soient immortalisés.

mère au foyer ou folle à lier!?!?? a dit...

rigolo et émouvant...

comment ils font?

Éléonore a dit...

Je trouve cela très émouvant ce questionnement autour de ce grand frère parti trop vite.
Il est bon qu'il exprime son questionnement. Tant qu'il communique tu gardes le contact.

maman a dit...

Mignon comme tout!

Ko a dit...

Vous ne me croirez pas grande dame, mais je suis analyste de médias sociaux et je fais de la codification de blogues de mamans qui mentionnent le mot yogourt. Je suis tombée sur le vôtre. Je prends d'habitude que 2 minutes pour analyser, voilà 1 heure que je vous lis avidement. Et je pleure à en fendre l'âme au bureau, surtout en lisant l'histoire de Thomas qui vous cherchait dans le noir. Vous êtes très inspirante, je ne suis pas maman, mais ma peine me dépasse. Vos enfants sont inspirants aussi. Merci pour une magnifique leçon de vie. Quel beau garçon Thomas. Vous avez raison de ne pas le regretter (un billet où vous parliez de l'hypothèse de sa non-vie car trop souffrant de le perdre). Merci.

Grande-Dame a dit...

Cocasse en effet de venir analyser le yogourt sur mon blog. :o) Merci de vous y être arrêtée, c'est toujours un plaisir d'accueillir de nouveaux lecteurs.