mercredi, août 01, 2012

La maternité étalée

Il n'est pas rare que je me fasse sermonner par Fils Aîné quant à mon éducation de sa jeune fratrie.

"Tu nous aurais envoyé dans notre chambre depuis longtemps", "On dirait qu'avec Fred et Béatrice tu en laisses plus passer qu'avec nous", "Nous, "dans notre temps", on avait droit à une heure de DS par jour, pas plus."

Il n'a pas tort.

La mère que je suis a changé. Toujours aimante, bienveillante mais capable de "lousse", transparente, oui. Je l'ai toujours été, je le suis toujours. J'ai aussi choisi mes batailles, lâché prise sur certaines.

Les paramètres de ma vie ont changé. Je ne suis plus avec leur père (la dynamique est donc différente), j'ai plus d'enfants donc plus de responsabilités, j'ai assoupli quelques principes, évalué l'impact réel des conséquences de telle ou telle "inconséquence" avec l'expérience de mes plus vieux.

À travers son évolution, toujours préserver sa santé mentale.

Oui, j'ai changé. Comment pourrait-on être d'une constance sans failles dans une maternité étalée sur 14 ans? Je serais peut-être devenue conservatrice? (au secours!)

Mes plus vieux ont obtenu de moi ce que les plus jeunes ont moins eu: de la latitude, une mère moins surchargée donc moins stressée, une mère toujours joyeuse qui a beaucoup dansé avec eux, des cahiers entiers remplis d'anecdotes (je n'ai toujours pas commencé celui de Béatrice née depuis bientôt QUATRE ans), une ben ben cute naïveté.

Ils ont connu une "autre" mère, ont évolué avec elle. À présent, il y a les médias sociaux. On se voit filer sur Facebook, on échange. Je souris, ils sourient (ou "like") mes anecdotes concernant leurs jeunes frères et soeur au lieu que cela soit confiné à un cahier.

Je parle avec eux. Ils sont témoins de mes angoisses, de mes découragements, de mes fiertés, de ma résilience, de mes niaiseries. Je suis fière d'eux, de ce qu'ils deviennent, de l'évolution de notre relation.

Mes ados "auto-régulent" certains des enseignements reçus avec les plus jeunes. "Oh-oh! On débarrasse son assiette après le repas, jeune homme!!", "Hé mon beau! Je dois mettre la table, ce serait le fun que tu ramasses d'abord tous tes dessins et tes crayons!!", "Non Béatrice, tu ne mets pas ça dans ta bouche, tu vas t'étouffer!" (merci à Fils Aîné qui m'a alimentée en citations alors que je rédigeais ce billet!).

Je ne suis pas la même qu'à 19 ans, âge de ma première maternité même si ma fibre "Grande-Dame" vibre encore.

Vous savez quoi? Même si la candeur de ma vingtaine me manque parfois, je suis heureuse d'avoir d'avoir rassemblé et cumulé mon bagage, d'avoir vieilli. C'est ainsi que va la vie. Je préfère l'évolution à une constance sans failles.

Avec les coups durs, les erreurs et les moments durs qui s'imbriquent à travers fiertés, réalisations, hésitations, bonheurs et moments tendres.

7 commentaires:

Une femme libre a dit...

Au premier, j'étais consciente de l'image dégagée, je voulais absolument être une bonne mère. Je rachetais immédiatement la mitaine perdue, il n'aurait pas fallu que qui que ce soit voit mon fils sans mitaines un jour d'hiver. Pour la quatrième, la mitaine perdue n'était pas remplacée avant quelques jours et je me foutais complètement de l'image projetée. Résultat: alors que fils aîné perdait allégrement ses choses (et les égare encore d'ailleurs), les enfants suivants ont de moins en moins ce travers et la plus jeune ne perd jamais rien!

On change, on évolue,on modifie sa façon de materner,tout ceci est bon et sain, Grande Dame!

Une femme libre a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit...

Je pense que le manque d'évolution serait d'ailleurs le signe d'un problème mental... ;-) lol Ou à tout le moins d'une rigidité d'esprit assez malsaine... :-o

Je me revois avec mes trois plus vieux, toujours à la course, même après avoir fait ma journée de travail, pour le hockey, le soccer et autres activités... :-o Horaires surchargés débiles!!! Onze mois par année pour le hockey d'élite!!! :-o Je ne sais fichtre pas comment j'ai fait... :-S En tout cas les trois petits, je ne les ai inscrits à rien... lol On se la coule douce et on profite de la vie... lol

Et puis Matt lui, voyage... On revient de trois semaines au Maroc... Il ne pourrait jamais mon convaincre de dépenser des fortunes pour lui en camps de hockey et compagnie, mais il a déjà fait genre 16 ou 17 voyages en même pas sept ans... :-)

Valéry

Grande-Dame a dit...

C'est vrai qu'au premier on est plus soucieux de l'image.

Je suis pareille Femme Libre. Il y a un grand écart entre ma rigueur quasi maladive au premier et mon laxisme aux suivants. Un trou dans un genou de pantalon ou un bas? Pas grave! J'ai TELLEMENT fait de raccommodage aux premiers!

Maintenant, je jette le bas. Je n'ai plus autant de tant (et de dévouement ;o) ) que j'en ai eus.

Val, les trois plus vieux ici ont fait bcp de natation, plongeon, piano, théâtre, karaté et cie.

Les plus jeunes? Nada. Ils ne s'en portent pas moins bien (et moi aussi je me demande comment j'ai pu survivre à tant d'engagements).

Clo a dit...

j'appelle ça "l'érosion éducative"
On est plus "rigide" avec les ainés, plus souple avec les derniers et ça se voit aussi sur leurs réactions ;-D
Que ce billet me fait du bien ! Je le trouve tourné très positivement tout en étant très réaliste, très bien vu :-)
Je devrais le faire lire à mes plus grand les jours de revendications de ce genre.
Oui on change, comme la vie... et c'est heureux !

Looange a dit...

Moi on ne m'a pas encore reproché la différence d'éducation :) Mais je pense que je vais me le faire dire par mon ado bientôt :)

Alexandra a dit...

Oui, c'est vrai qu'on ne peut pas faire exactement la même chose d'un enfant à l'autre. Avec ma fille aînée, j'étais très présente, mais j'apprenais à être mère avec toutes mes peurs et mes inquiétudes.

Avec la deuxième, j'étais tout simplement une mère qui avait déjà bien des réponses, donc qui ne se posait plus autant de questions. Je profitais pleinement.

Maintenant, avec mon fils, j'ai l'impression d'être moins présente pour lui, les activités des filles et mon retour graduelle à la vie professionnelle limitent nos contacts. Oui, il a plus de permissions, mais il a moins de temps avec sa maman.

Pour nous, il s'agit simplement de trouver l'équilibre. Eh oui ! Le fameux mot "équilibre" si facile à dire, mais pas évident à appliquer.