mercredi, janvier 06, 2010

Le couple dans le compost

Tout le monde reconnait la nécessité pour l'individu d'avoir son espace individuel, son espace amoureux, professionnel, familial, social mais qu'en est-il des nécessités du couple?

Les parents se cherchent du temps d'amoureux pour "s'entretenir", bla bla bla, on est au courant. Après moults réflexions sur les conditions de croissance idéales d'un couple, j'en ai déduit que l'entité "couple" avait à peu près les mêmes besoins de ces différentes sphères que les individus qui le composent.

Le couple a des besoins plus larges que ce qu'offre sa famille. Il a des besoins sociaux. Le couple, une fois ses besoins primaires assouvis, a besoin de terreau fertile à l'extérieur, ensemble. Que ce soit avec des amis communs, un réseau commun, un entourage sympathique dans lequel tous deux se plaisent, un lieu d'accomplissement commun à travers d'autres, des couples avec lesquels partager des activités, des rires, des projets, peut-être. Le couple, comme l'humain, a besoin d'être vu, considéré, nourri par ses semblables. Il a besoin de se définir à travers les autres, de trouver un reflet de lui-même à travers la masse hétéroclite de ses pairs.

Le couple dans la masse (masse étant un bien grand mot, disons le couple parmi ses acolytes) est dynamisé autrement. Catalysé. Il devient plein de possibilités, croissant, mouvant.

Comme la maîtresse amoureuse qui se satisfait de la clandestinité pendant un certain temps, le couple finit par avoir besoin de se dévoiler au grand jour, de sortir de l'ombre, de se découvrir des dénominateurs communs avec ses pairs. De sentir sa place parmi d'autres amoureux, de rayonner, d'interagir. D'être reconnu. Légitimisé, apprécié, admiré, d'une certaine manière. Le couple a besoin d'oxygène social. Les milieux communs qui ne permettent pas cette reconnaissance deviennent néfastes, ternes, sans intérêt.

Être soi, être heureuse d'être soi, être amoureuse à deux puis, miam, être soi, heureuse et amoureuse au vu et au su de tous et en prime, être reconnue comme tel, double miam.

Une couple ne s'auto-suffit pas. Un couple est poreux, perméable, bancal. L'amour ne transcende pas tout. Le couple, surtout si il s'aime, à travers ses pairs ensemble, est consolidé.

Pas d'interaction sociale pour le couple, pas de compost, pas beaucoup d'avenir, si vous voulez mon avis (ou alors un méchant beau défi pour les coeurs téméraires).

7 commentaires:

La Mère Michèle a dit...

Calins xx

Je sais pas si c'est un texte vécu ou une réflexion, mais je prends pas de chance ;o)

alairlibre a dit...

Le compost du couple... jamais envisagé les besoins du couple sous cet angle!

Bien beau texte de ta part. Maman de 3 grands ados (19, 17 et 13), je vit actuellement le passage de "maternante à temps plein" à "maternante sur appel"... Donc, au niveau du couple, c'est le moment de remettre ses rêves et projets sur la table! Il est vrai que d'évoluer en société en tandem est extrêmement intéressant, surtout si on est dans un couple-équipe, mais que l'on voit rarement cela. Au nom de la sainte liberté, on a souvent des activités et engagements chacun de son côté. Pourtant, si on s'engage en couple dans une occupation sociale, on découvre toute une autre facette de l'autre: sa dynamique en équipe, ses intérêts, le rôle qu'il prendra dans un groupe, son leadership, etc. Avenue bien intéressante à exporer!

En passant, je m'excuse ici d'utiliser ton espace pour cet appel, mais je cherche des blogues de mères de grands ados comme les miens, question d'échanger sur les grands défis de cette étape... Quelqu'un a-t-il des sites à me suggérer?

Merci et bonne année à toutes!

Une femme libre a dit...

Faut-il vraiment "sortir" en couple pour former un couple équilibré, enrichi, viable? Il y a autant de réponses que de couples. Si je regarde mes amies qui sont en couple avec le même homme depuis plus de trente ans (j'en ai au moins trois et puis d'autres qui sont en couple depuis plus de dix ans), j'observe qu'elles ne sortent pas souvent avec leur compagnon. En fait, il n'est jamais là quand elles sortent avec moi et elles ont toujours vu plein de spectacles et fait plein de sports sans que le mari soit là. Mais elles ont des projets communs, ça oui. Dans un cas, un chalet qu'ils construisent ensemble en plein bois, dans l'autre des voyages tendrement préparés de concert (c'est avec ce couple que je vais en Chine), dans le troisième cas, ils reçoivent beaucoup et préparent leurs réceptions ensemble. Il ne faut jamais se fier à l'image publique projetée par un couple, c'est l'intimité qui compte.

Pour ce qui est de l'engagement social en couple dont parle Alairlibre, ça me semble une avenue très intéressante en effet!

J'ai des grands ados, alairlibre, contactez-moi!

bibco a dit...

Ton billet me rejoint totalement. Étant en couple, nouveau de cinq ans, ayant perdu tous nos amis respectifs de vue depuis longtemps pour plusieurs raisons, je suis aussi d'avis que cette composante, qui nous fait défaut, est très importante et pour l'avoir vécu dans "mon autre vie" je connais tous les bienfaits qu'elle apporte au couple.
Si vous avez cette chance, profitez-en au maximum!

Pur bonheur a dit...

Il n'y a que lorsque je vais faire mon marché, magasiner pour des vêtements ou autres, que je sors seule. Sinon, nous sortons toujours ensembles.
Et pour ceux qui espère sortir avec des couples d'amis, je trouve qu'il est très très rare que les quatre s'entendent bien. On dirait que dans le quatuor il y en a un qui ne 'fitte' pas! :D

Grande Dame a dit...

Femme Libre, tout couple harmonieux possède, je crois, de manière individuelle, une vie en dehors du couple.

Toutefois, je ne crois pas qu'il puisse passer un certain stade sans finir par avoir besoin de se consolider ailleurs, de se dévoiler ailleurs, de s'ériger des espaces communs où le couple est uni. Par pour flasher, éblouir ou semer des illusions mais pour faire naître une dynamique autre que celle qui est mise à l'avant-plan dans l'intimité.

Kevin Zaak a dit...

Je ne vis pas en couple, mais je me pose beaucoup de questions sur la vie à deux. Ce billet m'a beaucoup intéressé. J'ai vécu pendant une dizaine d'année dans un couple où le compost était très abondant, au point d'être étouffant. :-) Tout est une question d'équilibre.